Chroniques sur la question palestinienne (9)   Mise à jour récente !



Censure de manuels de révision scolaire : La Licra, le Crif, Aurore Bergé, Edouard Geffray et Macron sont à la manœuvre. Les enjeux de l’histoire du 7-octobre.

Un manuel de révision du baccalauréat a été rappelé par son éditeur sur signalement de la Licra et du Crif le 13 janvier 2026. Voir par exemple : « Attaque du 7-Octobre : Hachette Livre rappelle un manuel de révision du baccalauréat qui qualifiait les victimes de « colons juifs » », Le Monde avec AFP, Publié le 14 janvier 2026 à 12h36, modifié le 14 janvier 2026 à 19h001.
« Emmanuel Macron a qualifié d’« intolérable » la phrase relevée par la Licra dans trois ouvrages parascolaires. La maison d’édition a « présenté ses excuses quant à ce contenu erroné ».
Emmanuel Macron a dénoncé, mercredi 14 janvier [2026], un manuel de révision parascolaire « intolérable », qui « falsifie les faits » au sujet des « attentats terroristes et antisémites du Hamas du 7 octobre [2023] » en Israël. « Le révisionnisme n’a pas sa place en République. J’ai demandé au gouvernement de prendre des mesures », a écrit sur X le chef de l’Etat. La maison d’édition Hachette a parallèlement reconnu un « contenu erroné » et a rappelé les ouvrages concernés.
La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) avait alerté, mardi soir, sur ce manuel de révision du baccalauréat dans lequel il est écrit : « En octobre 2023, à la suite de la mort de plus de 1 200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide de renforcer son blocus économique et d’envahir une grande partie de la bande de Gaza, entraînant une crise humanitaire de grande ampleur dans la région. »
« Ce narratif constitue une falsification de l’histoire et une forme inacceptable de légitimation du terrorisme du Hamas, que cet ouvrage omet précisément de qualifier d’organisation terroriste », a dénoncé le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Yonathan Arfi, dans un message sur X. […]
Prenant note de cette enquête, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT + (Dilcrah) a insisté sur le fait que, « dans un contexte de recrudescence alarmante de l’antisémitisme2, une vigilance collective accrue est indispensable pour garantir une transmission fidèle des faits ».
Le ministre de l’éducation, Edouard Geffray, a qualifié sur X de « grave et [d’]inacceptable » le fait de « qualifier les victimes de l’attentat du 7 octobre 2023 de “colons juifs” ». Cela constitue « une falsification des faits et une atteinte à la dignité des victimes du terrorisme », selon lui. « La lutte contre l’antisémitisme est un combat de tous les instants », a pour sa part réagi la ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé. »

En quoi cette phrase : « En octobre 2023, à la suite de la mort de plus de 1 200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide de renforcer son blocus économique et d’envahir une grande partie de la bande de Gaza, entraînant une crise humanitaire de grande ampleur dans la région », est-elle intolérable, révisionniste (Macron), une dérive confusionniste et négationniste (Licra) ou une falsification historique (Macron, Bergé) ? En quoi est-elle antisémite (Macron, Bergé, Geffray) ? En quoi, sans rire, dit-elle « n’importe quoi » ?3

Pour qu’il y ait révisionnisme (Macron), dérive confusionniste et négationniste (Licra) ou falsification historique (Macron, Bergé), il faut qu’il y ait une HISTOIRE constituée rationnellement par des historiens. Or là, nous sommes en présence, au mieux, de ce qui paraît être un RÉCIT de propagande de guerre dans le droit fil de celui construit par l’entité sioniste coloniale, au pire d’une VÉRITÉ supposée, reconnue officiellement. Vérité que les censeurs ne se donnent même pas la peine de préciser clairement et distinctement.

La Licra dans son tweet se garde bien de nous dire ce qu’est cette vérité. Et, mes recherches sur leur site ont été vaines concernant cette censure de manuels de révision et sur un point objectif, clair et précis, concernant ce qu’il s’est réellement passé le 7-octobre. Même flou du côté d’Emmanuel Macron, s’il dénonce d’une manière générale ce qui est dit, il ne développera pas ici cette vérité officielle sur laquelle il s’appuie. Il faudra la chercher ailleurs. Peut-être par exemple, dans son « Discours lors de l’hommage aux victimes françaises des attaques terroristes du 7 octobre 2023 », du 7 février 20244. Toutefois, la description littéraire que nous y trouvons ne peut pas servir de VÉRITÉ OFFICIELLE. Car, faire par exemple du Festival Nova un symbole de ce qu’il s’est passé le 7-octobre est non seulement très édulcoré pour ne pas dire carrément faux. « Le 7 octobre dernier, à l’aube, l’indicible a ressurgi des profondeurs de l’histoire. Il était 6 heures, au Festival Nova, à quelques kilomètres de la bande de Gaza, où sous les banderoles et le ciel qui pâlissait, s’achevaient 24 heures de fête et de retrouvailles. Les jeunes qui dansaient-là ne savaient pas qu’ils étaient dans la mâchoire de la mort, déjà ».

Disons d’abord que le festival de musique n’était pas directement visé par les palestiniens. «L’enquête a conclu que les terroristes ne savaient pas à l’avance qu’il y aurait une fête, contrairement à ce qui avait été rapporté et à ce que l’on avait cru, selon la Douzième chaîne. La police est parvenue à cette conclusion en partie sur la base des interrogatoires des terroristes capturés, et aussi parce qu’elle n’a pas trouvé de cartes sur les corps des terroristes morts les dirigeant vers l’événement en plein air ; dans le cas d’autres massacres ce jour-là, les terroristes portaient des cartes spécifiant leurs cibles »5. La tentation était grande pour Macron de faire implicitement cette comparaison avec les attaques du 13 novembre en France, particulièrement celle du Bataclan. Il est bien connu que les terroristes islamistes n’aiment ni la musique ni ceux qui font la fête. Ce sont vraiment des «barbares » qui vont commettre « le plus grand massacre antisémite de notre siècle ».

Ce récit, comme d’autres, est intéressant plus par ce qu’il occulte que par ce qu’il montre. Parler de «barbares» ou de « sauvages » et de «massacre antisémite », évite de chercher les causes réelles de l’attaque.

Après Emmanuel Macron, Aurore Bergé n’apportera, elle non plus, aucun élément de compréhension. Pas plus qu’Édouard Geffray, ni que Yonathan Arfi. Il semblerait qu’ils se soient donnés le mot pour rester sur la défensive et dans le vague et l’imprécision.

Alors, d’abord, que s’est-il VRAIMENT passé le 7-octobre ?

S’il n’y a pas d’ « histoire constituée rationnellement par des historiens». Nous pouvons quand même en avoir une approche vraisemblable. Expliquons d’abord ce qu’elle n’est pas. Dès le début, le récit a été formaté par la propagande militaire de l’entité sioniste coloniale avec la complicité de la presse mainstream. Le porte-parole de l’armée israélienne, Olivier Rafowicz, a été omniprésent dans les médias francophones. C’est très bien expliqué par Blast : « Cher Olivier Rafowicz, vous êtes devenu en l’espace d’un peu moins de deux ans l’un des représentants les plus connus, dans les médias français, des autorités israéliennes, régulièrement sollicité, en tant que porte-parole de l’armée, par les chaînes d’information, pour y exposer le point de vue de l’État d’Israël — en général sans contradiction, on y reviendra. Une consultation de Grok, le chatbot d’intelligence artificielle disponible sur X, nous a ainsi appris que, depuis le 7 octobre 2023, BFM-TV vous avait cité dans 72 posts, LCI dans 25 posts, France Info dans 6 posts et CNews dans 98 posts, félicitations. Soit un total de plus de 200 citations [en presque 2 ans], tout de même, autrement dit pas loin d’une tous les trois jours en moyenne, ce qui donne une idée du nombre d’invitations que vous avez reçues pour intervenir en plateau et de l’importance que les chaînes d’information semblent donner à vos paroles […] Sans oublier vos apparitions sur i24News, la chaîne d’information israélienne du milliardaire Patrick Drahi, connue pour son traitement particulièrement nuancé de l’actualité à Gaza, qui a publié sur X, depuis le 7 octobre 2023, pas moins de 248 posts relayant vos déclarations, lesquelles semblent parfois, sans doute parce que vous vous y sentez à la maison, encore plus outrancières que celles que vous réservez aux chaînes françaises, c’est dire »6.

Même constat d’Alizée Vincent le 3 octobre 2024 dans Arrêt sur Images7 : « Le porte-parole de l’armée israélienne, interlocuteur privilégié des chaînes d’info. Il enchaîne les plateaux, pour commenter l’attaque iranienne envers Israël, l’attentat à Tel-Aviv survenu début octobre ou les « opérations » israéliennes au Liban. Comme à chaque embrasement militaire au Proche-Orient, Olivier Rafowicz, porte-parole de l’armée israélienne, est l’une des sources systématiques des médias français. Qui ne parviennent que rarement à lui poser de réelles questions […]. Il multiplie les passages depuis plusieurs mois, en particulier, depuis le 7-Octobre. Alice Froussard, correspondante à Jérusalem pour plusieurs médias francophones, estime qu’il faut « questionner cette omniprésence médiatique ». Selon la journaliste, « elle sert à justifier les propos et la version de l’armée israélienne. Une armée en guerre est un outil de propagande, et ne doit pas être la source unique des journalistes. Cette parole devrait être remise en contexte en plateau, mais malheureusement, ce n’est pas systématiquement le cas. »
Les journalistes n’ont pas profité de la présence d’Olivier Rafowicz pour questionner les attaques d’Israël sur le Liban ou sur Gaza. « On l’invite sur tous les plateaux télé et on l’interroge comme un interlocuteur classique qui détiendrait la vérité. A titre de comparaison, avons-nous vu autant le porte-parole de l’armée russe sur les plateaux? », demande Alice Froussard. »

Pas de porte-parole de l’armée russe sur les plateaux, et que dire des porte-parole du Hamas ou même tout simplement ceux des palestiniens ? C’est vrai, suis-je bête ? ce sont des terroristes barbares qui ont commis un massacre antisémite.

Pourtant, le Hamas a diffusé au moins deux documents de communication assez conséquents qui sont restés inconnus dans la presse mainstream. Peut-être parce que les citer serait considéré comme apologie du terrorisme ? D’abord, le 24 janvier 2024, « Opération Déluge al-Aqsa : Notre récit »8. Le second, « AL-AQSA FLOOD. Deux années de détermination et de volonté de libération »9 daté de décembre 2025.

Le premier document de communication explique : « L’opération Al-Aqsa Flood du 7 octobre visait des sites militaires israéliens et avait pour but d’arrêter des soldats de l’armée israélienne pour faire pression sur les autorités israéliennes pour qu’elles libèrent les milliers de Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, dans le cadre d’un accord d’échange de prisonniers.
L’opération s’est donc concentrée sur la destruction de la division de Gaza de l’armée israélienne et les sites militaires israéliens situés près des colonies israéliennes autour de Gaza ».

Ce que confirme le second : « Dès les premiers instants de l’attaque du 7 octobre, l’entité israélienne a tenté de déformer la vérité. Elle a lancé une campagne mondiale de désinformation, impliquant les médias occidentaux et les groupes de pression sionistes, afin de transformer l’opération militaire légitime – qui visait la division Gaza de l’armée israélienne , une unité militaire qui avait perpétué les massacres et le siège contre Gaza – en allégations selon lesquelles elle visait des civils et des enfants ».

Pourtant, la tâche de la propagande de guerre de l’entité sioniste coloniale sera de faire croire que l’objectif des palestiniens aurait été de tuer des CIVILS qui plus est JUIFS. Ce qui est réfuté longuement et précisément dans ces documents du Hamas. Nous y reviendrons plus loin.

D’autre part, ces documents de communication du Hamas appellent avec force des enquêtes indépendantes sur les événements du 7-octobre ainsi que sur la situation de la Palestine occupée. Le second explique : « Nous mettons les Israéliens au défi d’autoriser une enquête internationale impartiale sur les allégations de décès de civils israéliens le 7 octobre, tout comme nous les mettons au défi d’accepter une enquête internationale impartiale et neutre sur les crimes qu’ils ont commis contre le peuple palestinien, en particulier pendant leur récente guerre contre Gaza. » Et le premier « Nous exhortons ces pays, en particulier l’administration américaine, l’Allemagne, le Canada et le Royaume-Uni, s’ils veulent que la justice prévale comme ils le prétendent, à annoncer leur soutien au déroulement de l’enquête sur tous les crimes commis en Palestine occupée et à soutenir pleinement les tribunaux internationaux pour qu’ils fassent efficacement leur travail ».

Et, nous constatons que contrairement aux Palestiniens, l’entité sioniste coloniale a refusé et refuse encore toute enquête indépendante. Ce qui est confirmé par la Commission d’enquête internationale indépendante sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël : « La Commission a adressé quatre demandes de renseignements à Israël et une à l’État de Palestine. Israël n’a pas répondu. L’État de Palestine a fourni des renseignements à la Commission. Celle-ci a formulé six demandes d’accès à Israël et au Territoire palestinien occupé. Israël persiste à ne pas répondre aux demandes d’accès à son territoire et à empêcher l’accès au Territoire palestinien occupé. La Commission considère qu’Israël fait obstruction à ses enquêtes sur les événements survenus le 7 octobre 2023 et depuis, tant en Israël que dans le Territoire palestinien occupé. L’État de Palestine a indiqué qu’il accueillerait favorablement une visite de la Commission »10.

La prose de propagande de l’entité sioniste coloniale n’est même pas du niveau de la description littéraire Macronienne, c’est dire. Il est clair qu’il y a un RECIT chez ce dernier. Un récit certes littéraire mais un récit tout de même. Par contre, il ne semble pas y avoir de récit à proprement parler dans la propagande de l’entité sioniste coloniale, juste une juxtaposition construite au coup par coup, de faits marquants, souvent très spectaculaires qui se révèlent le plus souvent faux. Ou alors, peut-être un semblant de récit minimaliste voire subliminal qui se fonde sur des rumeurs régulièrement démenties.

Les israéliens ont même poussé le vice jusqu’à promulguer une loi contre le négationnisme11 : « S’inspirant de la législation de 1986 qui interdisait la négation de la Shoah, le texte prévoit des peines de cinq ans de prison pour les personnes qui nient les atrocités commises « dans l’intention de défendre » le Hamas. […]
Une loi qui criminalise la négation, la minimisation ou la célébration du pogrom qui a été commis, le 7 octobre 2023, par le groupe terroriste du Hamas dans le sud d’Israël a été adoptée en troisième et dernière lecture par 16 voix « Pour » contre zéro « Contre » à la Knesset, mardi.
Le projet de loi, qui était parrainé par le député de Yisrael Beytenu Oded Forer, s’inspire d’une législation approuvée en 1986 qui interdisait la négation de la Shoah. Il prévoit des peines de cinq ans de prison pour les déclarations susceptibles de nier le massacre « avec l’intention de défendre l’organisation terroriste du Hamas et ses partenaires, d’exprimer de la sympathie à l’égard de ces groupes terroristes ou de s’identifier à eux ».

Le seul récit acceptable est donc indiqué dans cet article : « Le 7 octobre 2023, des milliers de terroristes placés sous la direction du Hamas ont fait irruption en Israël. Ils ont massacré plus de 1 200 personnes et kidnappé 251 personnes prises en otage dans la bande de Gaza. Les hommes armés ont commis des atrocités, se livrant à des violences sexuelles à grande échelle. »12
Ce récit simple voire simpliste est constitué d’éléments de langage : Le groupe terroriste du Hamas – pogrom – massacre (sous-entendu de civils) – antisémite – atrocités (sous-entendu sur des civils) – violences sexuelles à grande échelle – kidnappés – otages, qui vont se retrouver quasi systématiquement dans la propagande militaire post 7-octobre des politiques et médias israéliens et de leurs complices occidentaux. Et ce, le plus souvent en creux essayant de faire taire ceux qui auraient d’autres points de vues ou qui se poseraient des questions.. Et régulièrement ce discours est contredit et réfuté. Puis tombent les procès médiatiques et ceux en apologie du terrorisme. Puis tombent les autocensures voire les censures , comme cette affaire de manuels de révision scolaire.

D’autre part, cette propagande va être illustrée régulièrement tout au moins au début, par des témoignages d’événements plus ou moins invraisemblables qui ont défrayé la chronique. Par exemple, les 40 bébés qui auraient été décapités dans le kibboutz de Kfar Aza, voir : « CheckNews Les «bébés de Kfar Aza» au cœur de la guerre de communication entre le Hamas et Israël », Par Service Checknews, Publié le 12/10/2023 à 12h49
« L’information selon laquelle 40 bébés auraient été tués (parfois décapités) dans le kibboutz n’est pas confirmée. Le camp palestinien dénonce une infox, et établit le parallèle avec les plus célèbres «mensonges de guerre» des dernières années »13. Ou, autre exemple, cette affirmation selon laquelle un bébé israélien a été mis à mort dans un four, voir : « CheckNews Attaque du Hamas : d’où vient l’affirmation selon laquelle un bébé israélien a été mis à mort dans un four ? », Par Service Checknews, Publié le 30/10/2023 à 18h38
« La «nouvelle» provient d’Eli Beer, responsable d’une organisation de secours d’urgence, lors d’une rencontre avec des membres juifs du Parti républicain américain à Las Vegas. Elle n’est confirmée par aucune source officielle. Plusieurs médias israéliens l’ont remise en question »14. Ces fake-news débunkées sont encore mises en avant aujourd’hui pour illustrer les horreurs qui auraient été perpétrées par les palestiniens.

Toutefois nous retrouvons très rapidement après les événements du 7-octobre des analyses plus complètes qui ne rompent avec les récits journalistiques que par la rigueur, assez relative toutefois, de la démonstration15. Par exemple l’article de Frédérique Leichter-Flack, publié le 22 novembre 2023 dans K-larevue : « Un massacre, des massacres : les archives du 7 octobre et la mémoire »16.

L’angle d’attaque de l’autrice est la MÉMOIRE JUIVE axée sur l’histoire de la Shoah et celle des pogroms17. Ce qui en fera une approche assez subjective et surtout biaisée. Son objectif, comme l’objectif de toute la propagande israélienne, est de montrer que les Israéliens sont des victimes, que le 7-octobre est la Shoah du XXIème siècle, que les palestiniens sont les nouveaux nazis, que l’État israélien est le produit de l’Holocauste, et surtout occulter avec le plus de force possible que le projet sioniste est colonial et est, depuis ses débuts à la fin du XIXe siècle, un projet de nettoyage ethnique de la Palestine. Nous y reviendrons.

Il s’est agi d’organiser des faits divers avec force détails sordides suggérés et plus ou moins supposés, en insistant sur le dramatique, voire le pathétique ou même le sordide. Par exemple on trouvera une quarantaine d’occurrences du terme « massacre » dans ce texte et nous serons en présence d’un récapitulatif des violences réelles ou supposées commises ce jour-là par les palestiniens : « On commence désormais à y voir plus clair sur le déroulé de l’opération, les actes de violence commis, y compris les violences sexuelles infligées aux jeunes filles, et les modalités de mises à mort ».

Il s’agit même pratiquement d’une sorte d’enquête pseudo-policière. En effet, « Trois sources principales ont permis à ce stade la reconstitution de l’événement.
La première est le matériel vidéo tourné par les hommes du Hamas eux-mêmes, avec leurs téléphones portables, ceux de leurs victimes, ou les caméras go-pro dont ils s’étaient équipés. […]
La deuxième source de documentation du massacre est l’ensemble des traces laissées sur les lieux et à même les cadavres progressivement retrouvés sur place : décryptées par les équipes médico-légales à pied d’œuvre depuis plusieurs semaines pour identifier les victimes, ces traces permettent de déchiffrer sur les corps les sévices subis par les victimes. […]
La troisième archive du massacre est la collecte de témoignages des survivants et des équipes de secours arrivées les premières sur les lieux. Une multitude d’initiatives spontanées, émanant de la société civile, et en particulier de jeunes et d’étudiants des universités israéliennes, ont en effet très vite émergé en ligne, dès le lendemain du massacre  ».

Ce sont les mêmes sources que celles du document vidéo monté par les services de propagande de l’entité sioniste coloniale. Voir par exemple : « Vidéos de l’attaque du Hamas le 7 octobre : une nouvelle dimension de la cruauté », France Culture, 15 novembre 202318 : A partir de 1mn50 « il s’agit d’un film de 45mn, à peu près, un montage donc, qui a été proposé par l’armée israélienne. La manière dont il nous a été projeté est aussi intéressante à analyser ici, c’est-à-dire, on l’a vu lumières allumées, c’est-à-dire qu’il s’agissait non pas de nous montrer quelque chose dans quoi on pourrait se vautrer comme dans un spectacle, mais au contraire de regarder des images en tant que document, et cette lumière allumée aussi permettait de prendre des notes. C’est-à-dire qu’il fallait solliciter une activité de la part du regard qui était le nôtre.
Il s’agit d’un montage d’images, on pourrait dire de sources et de régimes divers. Il y a, à la fois, des images tournées par les terroristes eux-mêmes durant l’attaque du 7 octobre – faudra peut-être en dire un mot de la manière dont ils les tournent ; des images de surveillance, à la fois publiques, par exemple des images de surveillance de Sdérot, des images de surveillance privées donc installées chez les particuliers victimes de l’attaque ; des images des secouristes ; des images également de victimes en train de se filmer elles mêmes au seuil de la mort, ou en train de se cacher, ou durant la rave party. Donc on a de multiples images qui viennent constituer une sorte de récit, qui viennent aussi offrir un contre-champ ou une sorte de mise à distance des images qui seraient simplement celles des tueurs et qui nous plongeraient, si on était livré à ces seules images dans une subjectivité qui est celle des tueurs eux-mêmes et qui est d’ailleurs assez insoutenable lorsqu’on y est immergé par ces images de crimes. »

Ce document, projeté à un public trié sur le volet, d’abord en Israël, puis dans les capitales occidentales, est très problématique et a orienté le narratif concernant le 7-octobre. « [4mn50] Et donc toujours si on évoque ce dispositif auquel on a eu droit, Ophir Lévy, hier donc dans cette salle à la fin de ces 43 mn éprouvantes de projection, un responsable de l’ambassade d’Israël est venu nous dire qu’ils avaient fait le choix de ne pas glisser certaines images, ce qui est très étrange, puisque ces images étaient déjà terriblement éprouvantes et pour autant donc ce responsable de l’ambassade a expliqué que certaines images concernant les femmes n’avaient pas été jointes au film..
[5mn26] Oui alors, les images qu’on a vues sont déjà en elles-mêmes insoutenables et tout à fait terribles et il est clair que sur la centaine et peut-être plusieurs centaines de rushes dont l’armée disposait, beaucoup ont été écartées. On voit par exemple que la plupart du temps les images qui nous sont montrées, sont des images des résultats des exactions, c’est-à-dire on voit des cadavres, on voit beaucoup de photographies, probablement prises ensuite par les équipes qui sont arrivées après coup, et donc on voit des choses tout à fait insoutenables, de cadavres, de corps calcinés, mais on ne voit pas les actes en train d’être commis, c’est-à-dire il est probable que ces images, pour une partie d’entre elles aient été à la disposition de ceux qui ont fait le montage mais qui ont été écartées. Donc ça c’est une première chose. La deuxième chose, c’est que des images qui montreraient des mauvais traitements, ou des viols carrément, ont été également écartées. Et par ailleurs, beaucoup de visages, pas tous, beaucoup de visages et notamment ceux des enfants sont floutés. Donc, il s’agit, pour plusieurs raisons, à la fois de préserver quelque chose de l’ordre de la dignité des victimes elles-mêmes, de ne pas livrer en pâture les visages et le sort qui a été le leur, aussi éventuellement en Israël, c’est un tout petit pays de quelques millions d’habitants, donc les gens se connaissent, forcément vous livreriez des images à des gens qui pourraient reconnaître des proches, donc c’était quelque chose qui était à mon avis exclu ».

Pour en revenir à l’article du 22 novembre 2023 paru dans K-larevue : « Un massacre, des massacres : les archives du 7 octobre et la mémoire »19, l’autrice va même aller jusqu’à comparer, « même si la comparaison a ses limites » écrit-elle sans rire, l’attaque du 7-octobre avec le GÉNOCIDE RWANDAIS, « La littérature de témoignage sur les génocides et massacres de masse lève un coin du voile sur tout un pan de l’expérience des victimes que les traces ou les archives matérielles des crimes ne peuvent pas atteindre ». le détour par les récits des rescapés tutsi, recueillis par Jean Hatzfeld dans son premier livre sur le génocide au Rwanda20,  est ici très intéressant car ils aident à toucher du doigt le problème spécifique posé par l’excès de cruauté, un élément qui caractérise aussi, d’après les éléments recueillis, le massacre du 7 octobre. Les rescapés des marais rwandais abordent tous, à un moment ou un autre de leur témoignage, le problème de la cruauté au-delà du massacre lui-même : que faire de la cruauté ? des tortures ? du sadisme des modalités de mise à mort ? Qu’on puisse vouloir tuer, qu’on puisse même s’y employer avec efficacité, cela reste du domaine du pensable. Mais couper bras et jambes à un enfant pour l’abandonner ensuite à une lente agonie ? Ouvrir le ventre des femmes enceintes avant de les exécuter ?» Sauf que, cette cruauté, ces tortures, ce sadisme des modalités de mise à mort, cet enfant à qui on aurait coupé bras et jambes, ces femmes enceintes éventrées avant d’être exécutées, se sont révélées de pures inventions21.

De même, l’autrice va même encore jusqu’à comparer, en pire, même si l’inversion de la réalité est flagrante, les palestiniens aux « Einsatzgruppen nazis22, qui [contrairement aux palestiniens] dissimulaient leurs actes parce qu’ils savaient fort bien que ce qu’ils faisaient était horrible et serait perçu comme tel par le sens commun, les terroristes du Hamas se sont filmés. Se peut-il donc que ces hommes n’aient pas perçu leurs gestes de viol, de torture et de meurtre de femmes et d’enfants comme une cause d’horreur et de honte, même pour leurs propres enfants s’ils venaient à les voir, qu’ils aient considéré qu’ils n’avaient pas à s’en cacher et que leurs familles pourraient être fières, non seulement de leurs actes, mais même de leurs gestes ». Inversion accusatoire là encore, ceux qui ont mis en place la purification ethnique et plus près de nous le génocide, ceux qui organisent des pogroms en Cisjordanie occupée, ce ne sont pas les palestiniens mais les israéliens.

Et elle prend comme acquis « Les viols, les tortures, les mutilations et profanations des corps » et des « cadavres et la décapitation d’enfants ». Or, il se trouve que « «Libération» a assisté à une des projections de la vidéo documentant les atrocités commises le 7 octobre lors de l’attaque terroriste du Hamas. [et a] fait le choix de livrer le détail de ces séquences qui font l’objet de discussions en France comme à l’étranger depuis leur première diffusion mais dont le récit, exhaustif et factuel, n’est pas accessible au grand public»23. Nous ne retrouvons donc dans ce « détail de ces séquences » ni « Les viols, les tortures, les mutilations », ni « la décapitation d’enfants », ce qui était prévisible car, nous l’avons vu plus haut, « des images qui montreraient des mauvais traitements, ou des viols carrément, ont été […] écartées » ou, plus simplement ces actes n’ont peut-être existé que dans l’esprit délirant de certains sionistes.

Mais il y a plus emblématique. Pourquoi l’auteure prend-elle comme exemple le génocide au Rwanda ou les « Einsatzgruppen nazi » ? Pourquoi ne prend-elle pas plutôt l’exemple des multiples rébellions dans les colonies du XIXème et XXème siècles ? Pourquoi ne prend-elle pas plutôt pour exemple la rébellion de Morant Bay en Jamaïque en octobre 1865 où les émeutes avaient fait 25 morts ou la rébellion des Mau Mau au Kenya dans les années 1950 ? N’est-ce pas parce « la réaction du gouverneur britannique Edward John Eyre à la rébellion de Morant Bay en Jamaïque a été de tuer près de 500 Noirs, d’en fouetter brutalement 600 et d’incendier 1 000 maisons. C’est ce qu’on a appelé la controverse du gouverneur Eyre » ? Et n’est-ce pas parce que la «réponse à la rébellion des Mau Mau des années 1950, quelque 150 000 Kényans furent emprisonnés dans des camps de concentration et soumis à des tortures sauvages – l’un des prisonniers était le grand-père de l’ancien président américain Barack Obama. Plus de 1 000 Africains ont été pendus. Les combattants Mau Mau étaient perçus par la Grande-Bretagne comme « le visage du terrorisme international dans les années 1950 »  »24 ?

Pourquoi ne pas comparer non plus à l’Algérie coloniale où « le massacre de Sétif a longtemps été passé sous silence, sans reconnaissance officielle de la France. Jusqu’à l’année 2005 » ? En effet, « Le 8 mai 1945, l’Algérie alors française fête la victoire sur l’Allemagne nazie. Les Algériens qui descendent dans les rues souhaitent faire entendre des revendications nationalistes, en réclamant la fin du colonialisme, et la libération du leader nationaliste, Messali Hadj, arrêté quelques semaines plus tôt.
À Sétif, à 300 km à l’est d’Alger, les autorités autorisent la manifestation à condition qu’elle ne soit pas politique. Contre la volonté du préfet, des drapeaux algériens, vert et blanc, sont brandis et des slogans « Vive l’Algérie indépendante » scandés. Au milieu des 10.000 personnes rassemblées, un jeune musulman scout brave l’interdiction. Bouzid Saâl, c’est son nom, a 22 ans. Il est tué. Des heurts éclatent, la foule panique et une émeute prend corps contre les colons. La révolte gagne la campagne et va rapidement s’étendre à d’autres villes côtières.
Pour stopper la contagion du Constantinois, la marine et l’aviation françaises vont bombarder des villages côtiers et une répression impitoyable va être menée par le général Duval. La loi martiale est proclamée, les déplacements interdits et un couvre-feu décrété. Dans la foulée de cette répression, les chefs nationalistes sont arrêtés, des scouts et civils sommairement exécutés sur simple suspicion. Un mois plus tard, l’insurrection prend fin. Au total 102 Européens – 86 civils et 16 militaires – seront tués lors des émeutes, selon les historiens Benjamin Stora et Guy Pervillé. Environ 15.000 Algériens seront massacrés selon les autorités françaises, 45.000 victimes selon les autorités algériennes »25.

Ce refus de se penser soi-même comme colon, cette victimisation, enferment les israéliens dans un déni forcené. Comme l’explique Tony Greenstein dans son article déjà cité du 10 juillet 2025 : « Le traumatisme de l’Holocauste en Israël est un mythe (Electronic Intifada) »26 : « L’explication paresseuse de la mentalité génocidaire et exterminatrice d’Israël est le « traumatisme de l’Holocauste ». L’utilisation de l’Holocauste comme explication fourre-tout est pratique, car elle dispense de chercher la véritable cause de la violence sioniste israélienne. […] Le problème est que les Israéliens ne sont pas les victimes – et que très peu d’Israéliens sont des survivants de l’Holocauste.
Le projet sioniste, depuis ses débuts à la fin du XIXe siècle, était un projet de nettoyage ethnique de la Palestine. L’État israélien n’est pas le produit de l’Holocauste. […]
Si les Israéliens souffrent d’un traumatisme, c’est celui des colons qui ont vécu un cauchemar longtemps refoulé, à savoir que le peuple indigène – qu’ils ont soumis pendant si longtemps – se soulèverait contre eux ».

Ce qui tranche très clairement avec le récit de la propagande israélienne repris par Frédérique Leichter-Flack, dans K-larevue : « Un massacre, des massacres : les archives du 7 octobre et la mémoire »27 : «non plus seulement le never again de la Shoah, et de la légitimation de la guerre totale contre le nouveau génocidaire qu’est le Hamas, mais le never again des pogroms, de cette violence subie dans l’impuissance, de cette précarité existentielle face à la violence haineuse du monde, de cette honteuse exposition des corps souillés… de cette condition juive pogromisée à laquelle Israël, après des décennies de prise de distance, a pris le risque de s’identifier une dernière fois, en montrant au monde, lors d’une conférence de presse inédite dans l’histoire du pays, ces corps juifs suppliciés que les Israéliens étaient collectivement redevenus ». Et il se trouve que ce « never again » se limiterait strictement à ce qui est juif et ne caractériserait pas ce que des juifs pourraient faire à d’autres.

Pour en revenir à notre affaire de censure de manuel scolaires, s’agit-il, le 7-octobre, comme l’écrit Macron, d’« attentats terroristes et antisémites du Hamas » ?

D’abord, s’agit-il d’ATTENTATS, qui plus est TERRORISTES ?

Comme l’explique très bien Bernard GENSANE dans sont article : « Attaque ou attentat ? » du 30 juillet 201128 : «Je me plonge dans mon Robert préféré. Attaque vient du verbe attaquer, qui vient lui-même de l’italien attacare, qui signifie assaillir, investir par la violence : attacare battaglia (commencer la bataille). Le mot italien attacare vient soit du gothique tacca (entaille), soit de staccare (détacher), du gothique stakha (pieu).
Une attaque est donc l’action de commencer le combat, une attaque, une guerre. Le mot s’emploie aussi pour une attaque au football, une attaque verbale, l’attaque d’un acide, l’attaque d’un morceau de musique. Par extension, on des expressions du style « être d’attaque », c’est-à-dire être prêt à affronter les fatigues.
Le verbe attenter a donné attentat, ces deux vocables étant nettement plus anciens qu’attaque et attaquer. Attentat vient du latin attemptatum, attentatum, participe passé neutre de attemptare (attaquer quelqu’un, entreprendre quelque chose contre quelqu’un). C’est donc la notion d’entreprise qui domine (les journalistes adeptes du capitalisme financier devraient apprécier), de tentative criminelle contre une ou des personnes, contre des biens, ou même contre des droits. Par extension, on trouvera « attentat à la pudeur » et, au figuré, l’idée d’un acte qui heurte les sens, la raison, la morale.
Attenter est donc beaucoup plus fort qu’attaquer puisqu’il implique une tentative criminelle (meurtre, viol). De même, on n’attaque pas ses propres jours : on attente à sa vie ».

Donc, clairement, pour les actions des palestiniens le 7-octobre, il ne s’agit pas d’ATTENTATS mais d’ATTAQUES. Caractériserons nous l’attaque russe sur l’Ukraine de 2022 d’attentat ? Non bien-sûr. Il s’agissait bien de l’« action de commencer […] une guerre » et non d’une « Entreprise criminelle perpétrée contre une personne ou contre une communauté, et particulièrement dans un contexte politique ».

A l’inverse, on parle d’attentats contre Charlie-Hebdo car il s’agissait de «tentatives criminelles contre une ou des personnes […] particulièrement dans un contexte politique », donc d’un ATTENTAT. On parle d’ATTENTAT par exemple pour les meurtres du 13 novembre à Paris ou de Toulouse par Mohamed Merah, et cela parce qu’il s’agit d’agressions à l’intérieur d’un pays, le terme d’ATTAQUES étant réservé aux agressions entre pays.

C’est pour ces raisons par exemple que l’agression qui a fait six morts à Jérusalem-Est début octobre 2025 a été qualifié en titre d’article d’ « attentat » : « Israël : Un attentat fait six morts à Jérusalem-Est, la France condamne »29. Le journaliste de l’AFP parle aussi d’« attaque » et de « fusillade », peut-être est-ce de pure forme pour éviter les répétitions, mais plus vraisemblablement parce, Jérusalem-Est étant annexée par entité sioniste coloniale, nous sommes plutôt dans un contexte de guerre que de droit commun ?

C’est donc complètement idéologique que de parler d’attentats concernant ce qu’il s’est passé le 7-octobre. Voyons maintenant si ces ATTAQUES peuvent être caractérisées de TERRORISTES.

Nous sommes exactement dans la même distinction que celle que nous venons de faire concernant la différence entre attaque et attentat. Éric Pourcel, dans la Revue Défense Nationale, le 20 octobre 201530 explique : «L’action terroriste, ce n’est guère nouveau, quelle que soit son idéologie, est une infraction de droit commun, ce que les résolutions de l’ONU affirment d’ailleurs lorsqu’elles invitent « (…) instamment tous les États de coopérer, ainsi que la Résolution 1373 (2001) leur en fait obligation, aux efforts faits pour trouver et traduire en justice les individus, groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaïda, y compris l’État islamique d’Irak et du Levant et le Front Al-Nosra, qui perpètrent, organisent et commanditent des actes terroristes (…) » (Résolution 2170).
Traditionnellement, la France distingue la sécurité publique (qui concerne la sécurité intérieure de caractère civile) de la défense nationale (qui concerne la sécurité vis-à-vis de l’extérieur de caractère militaire) d’où l’existence de deux ministères (Intérieur et Défense) et de deux codes : un Code de la défense nationale et un Code de la sécurité intérieure. En l’occurrence, cette distinction vaut pour le terrorisme qui reste juridiquement un problème de sécurité intérieure que le Code pénal français appréhende très largement via un Titre II dénommé « Des actes de terrorisme » (Articles 421-1 à 421-6 et 422-1 à 422-7) mais aussi le Code de la sécurité intérieure via un Titre II dénommé « Lutte contre le terrorisme et les atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation » ».

Il s’ensuit qu’il est difficile de caractériser les actions des palestiniens le 7-octobre d’actes TERRORISTES. C’est aussi l’avis de Johann Soufi, juriste international, spécialiste de la CPI sur franceinfo : « Si la justice internationale se saisit des actes commis par le Hamas en Israël, on parlera de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, parce que concernant le terrorisme, « malheureusement c’est une notion qui relève du droit national avec toute l’utilisation politique qu’on en connaît notamment dans les régimes autoritaires » »31.

Autre caractéristique du terrorisme : ce sont des civils qui frappent des civils. Ce qui fait que c’est difficile de parler de terrorisme pour l’attaque du 7-octobre, puisqu’il s’agissait de combattants palestiniens qui, comme nous l’avons déjà dit, étaient engagés dans une « opération militaire légitime – qui visait la division Gaza de l’armée israélienne, une unité militaire qui avait perpétué les massacres et le siège contre Gaza »32. Norman Finkelstein33 a exprimé mieux que quiconque la condition des gazaouis : «Il me semble qu’on peut, même si cela peut sembler contradictoire, on peut dire simultanément que des horreurs se sont produites le 7 octobre, je ne crois pas qu’en l’état actuel de nos connaissances on puisse contester que le Hamas a commis des atrocités de masse le 7 octobre. Je crois qu’on peut reconnaître ce fait, mais dire simultanément, je refuse de condamner ceux qui ont perpétré ces actes parce qu’on ne leur a laissé aucun choix, aucune option, sauf de naître, de languir, et de mourir dans un camp de concentration »34. Et, déjà le 22 mai 2021, dans une interview d’Aaron Maté35, il disait : « vous posez tous la question rhétorique « Israël n’a-t-il pas le droit de se défendre ? », mais je vous pose la question : « Est-ce que des gardiens de camps de concentration ont le droit de se défendre ? » C’est à mes yeux une question qui laisse perplexe, à laquelle la réponse est parfaitement évidente. Est-ce que les gardiens de camp de concentration ont le droit de se défendre ? »

Je rajouterais, les gazaouis n’ont-il pas le droit de se défendre et de se libérer ? Qui peut leur reprocher, s’ils arrivent à sortir du camp de concentration, de s’en prendre à leur geôliers et aux colons qui les retenaient prisonniers ?36

Nous avons déjà comparé le ratio combattant / civil à Gaza et le 7-octobre dans notre article : « Chroniques sur la question palestinienne (5) Quand Netanyahou va-t-il arrêter de mentir ? Le ratio combattant / civil à Gaza et le 7-octobre »37. Nous ne changerons aucun mot de ce que nous avions alors écrit : « Nous avons vu plus haut que le Boucher de Gaza [Netanyahou] s’enorgueillissait du ratio étonnamment faible de moins de deux civils qui seraient tués pour chaque combattant éliminé depuis deux ans à Gaza.
Nous avons vu aussi que probablement l’hypothèse basse serait de 15 civils pour un combattant et la haute de plus de 29 civils pour un combattant.
En fait, c’est lors du 7-octobre que nous trouvons ce ratio « étonnamment faible ». Lors de l’attaque du Hamas, et d’après les sources israéliennes, le ratio des tués combattants / civils est de 2 civils pour 1 combattant (en gros 800 pour 400). Et encore puisque tout adulte est un combattant potentiel dans l’entité sioniste coloniale, il ne faudrait compter que les enfants dans les civils, soit trente-huit !38 Sans compter que les civils sont des colons souvent armés et constitués en milices. C’est très simplificateur voire hypocrite de considérer que les combattants s’ils ne sont pas en service actif sont des civils. Cela n’a de sens que concernant les conflits conventionnels. En Palestine, il s’agit d’un conflit asymétrique du fait des Israéliens qui sont les colonisateurs-oppresseurs-agresseurs. Ces derniers sont des colons la plupart armés et organisés en milices. Et comme il s’agit d’une armée de réservistes, ils ne peuvent pas être considérés comme des civils. Seuls les enfants le peuvent.
Les palestiniens ont réussi ce tour de force de ne tuer qu’un seul civil pour 31 combattants. Et on va nous rabâcher à l’envie les horreurs de ce que ces gens de mauvaise foi, Netanyahu en tête, appellent sans rire un « pogrom ». » Nous y reviendrons.

D’autant plus que concernant le 7-octobre, nous savons de source sûre que la directive Hannibal a été utilisée. Ce n’est pas moi qui le dit mais l’ancien ministre israélien de la Défense et criminel contre l’humanité poursuivi par la CPI Yoa Gallant39.
Et ça a été un scoop de Haaretz le 7 juillet 2024 : « IDF a commandé la directive Hannibal le 7 octobre pour empêcher le Hamas de prendre des soldats captifs » Yaniv Kubovich, 40 : «  »Il y avait une hystérie folle, et les décisions ont commencé à être prises sans informations vérifiées »: Les documents et les témoignages obtenus par Haaretz révèlent que l’ordre opérationnel Hannibal, qui dirige le recours à la force pour empêcher les soldats d’être pris en captivité, a été employé dans trois installations de l’armée infiltrées par Hamas, potentiellement en danger des civils aussi »41.

Ce qui était connu dès le… 16 octobre 2023 : « De nombreux civils ont été tués par l’armée israélienne, affirme une survivante d’un kibboutz », Par Ali Abunimah et David Sheen, Source : The Electronic Intifada, le 16 octobre 202342. Et, il faut visionner l’excellent documentaire de Al Jazeera, « Une vraie enquête sur le 7 octobre et ses suites », 10 septembre 202443. « Les bébés décapités, les mères éventrées, les «viols systématiques» et autres récits horrifiants ont tous été inventés pour servir la propagande de guerre israélienne ».
Nous y apprenons que les journalistes ont identifié 27 personnes prises en otage et qui ont été tuées avant d’atteindre Gaza … Dans les kibboutz ils ont aussi identifié 18 personnes qui ont certainement été tuées par la police et l’armée à leur arrivée … Et, d’après eux, 70 véhicules ont été touchés et dans certains cas, tous les occupants ont été tués. Ce qui pourrait représenter un quart des 1200 tués. Ce n’est donc pas étonnant que l’entité sioniste coloniale génocidaire refuse toute enquête, internationale et même israélienne.44

Ce ne fût pas non plus un MASSACRE comme l’a caractérisé Emmanuel Macron : « Il était 6 heures et le Hamas lança, par surprise, l’attaque massive et odieuse, le plus grand massacre antisémite de notre siècle ». Un massacre c’est l’action de tuer avec sauvagerie et en grand nombre des êtres qui ne peuvent se défendre. Or, là-aussi nous devons rappeler qu’au maximum le ratio a été de 2 civils pour 1 combattant et qu’au minimum d’un seul civil pour 31 combattants ce qui pourrait être caractérisé comme des COMBATS et non comme un MASSACRE.

Enfin, dernière remarque que nous ne développerons pas et qui nous amène à penser que l’attaque du 7-octobre n’est pas terroriste mais un acte de guerre : « [Walter] Laqueur précise que ce qu’il appelle terrorisme englobe des mouvements dont la terreur est la seule arme, l’unique comportement, contrairement à des groupes de partisans dont le terrorisme n’est pas l’unique moyen, ou même à des États qui utilisent la terreur. Le terrorisme est d’abord une revendication politique violente qui n’utilise que le moyen de la terreur à l’exclusion de tous les autres»45.

Ce que les sionistes cherchent à NIER voire à DÉNIER c’est principalement la nature COLONIALE de l’entité sioniste. Il s’ensuit que Macron mais aussi la Licra, le Crif et Aurore Bergé font pire qu’être révisionnistes, ils sont NÉGATIONNISTES. Ils occultent l’histoire coloniale de l’entité sioniste et que Gaza était un immense camp de concentration voire par certains côtés d’extermination, que les habitants des kibboutz près de Gaza étaient des colons qui avaient dépossédé les palestiniens de leurs maisons et de leur terre. Quant aux teufeurs du festival Nova, il faut être vraiment arrogant et rien avoir dans la tête, ou être dans un profond déni, pour faire la fête à côté de l’immense camp de concentration. Plus que mettre sur le même plan, ils invertissent le colonisateur-exploiteur-agresseur et le colonisé-exploité-agressé. Pourtant, comme l’écrivait Nelson Mandela dans son autobiographie, Un long chemin vers la liberté (1996), « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui détermine la forme de lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense »46.
Puisqu’il est l’oppresseur, le SEUL responsable de TOUT ce qu’il s’est passé en Palestine et qu’il se passe en ce moment, les crimes de guerre et contre l’humanité de l’armée et le crime de génocide, mais aussi les exactions des colons israéliens ET les actes de résistance des palestiniens, est l’entité sioniste coloniale. Et les occidentaux sont ses COMPLICES.
C’est donc entité sioniste coloniale qui est SEULE RESPONSABLE de la situation à Gaza, de la mise en place de ce camp D’EXTERMINATION et des batailles du 7-octobre.

Concernant l’affaire de la censure des manuels de révision scolaire, à notre connaissance, seul le CRIF a tenté une explication, il est vrai du bout des lèvres : «La haine n’a pas sa place dans les manuels scolaires. Le Crif rappelle que ce texte contient des inexactitudes factuelles graves. Les victimes du 7 octobre 2023 étaient, pour l’écrasante majorité, des civils israéliens vivant à l’intérieur des frontières internationalement reconnues de l’État d’Israël et non des colons. Qualifier ces civils de « colons » revient à altérer la nature même des faits et à introduire une lecture politique erronée»47.

Mêmes réticences du côté de la Licra : « Or, le terme de « colon » peut désigner les Israéliens vivant sur des terres palestiniennes occupées illégalement en Cisjordanie mais ne s’applique en aucun cas aux victimes israéliennes des attentats du Hamas. Par ailleurs, le fascicule ne mentionne pas le caractère terroriste de l’attaque, ce qui contribue à la polémique.
La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a alerté massivement sur cet extrait, dénonçant sur X des « dérives confusionnistes et négationnistes » chez un « éditeur de renom«  »48.

En fait, c’est un mensonge et une inversion accusatoire. Car, premièrement, les frontières de l’entité sioniste coloniale ne sont pas définies et reconnues de manière unanime par la communauté internationale. L’entité sioniste coloniale, indépendante depuis 1948, n’est pas reconnue par 21 États membres de l’ONU. Ses frontières ont été modifiées à plusieurs reprises depuis la création en 1948. Les frontières avec l’Égypte au sud-ouest puis avec la Jordanie à l’est ont fait l’objet d’accords reconnus par les protagonistes. En revanche, les frontières avec le Liban et la Syrie au nord, et surtout avec la Palestine alimentent toujours les tensions régionales. Eylan SIVAN nous l’explique dans un entretien avec Frank Barat, le 20 mars 202449 : « [16mn57] Je voudrais une seconde revenir à quelque chose. Cette question de seuil de violence et de son acceptation qui permet à Israël à chaque fois recommencer là où ça s’est arrêté. Tu sais en hébreu, le mot frontière est le même mot que limite. Israël est le seul pays membre des nations unies qui n’a pas déclaré ses frontières. Alors que c’est une condition pour être membre entier. […] Eh bien, Israël n’a jamais déclaré ses frontières mais si on le traduit en Hébreu, Israël n’a jamais déclaré ses limites. Israël est un pays qui n’a pas de limites »50.

Et deuxièmement, l’entité sioniste coloniale a été créé en spoliant les palestiniens de leurs terres, en particulier par un nettoyage ethnique. Par exemple, pour ce qui nous intéresse ici, Ilan Pappé explique bien le contexte historique de l’attaque du 7-octobre51 : « Israël a créé la bande de Gaza car contrairement à d’autres pays ayant accueilli de nombreux palestiniens expulsés lors de la Nakba en 1948 tels que le Liban, la Syrie et la Jordanie disposés à accueillir les centaines de milliers de palestiniens, l’Égypte a fermé sa frontière, l’Égypte a refusé d’accueillir le moindre palestinien.
Ainsi le dirigeant israélien et principal instigateur de l’épuration ethnique de 1948, David Ben Gourion, le criminel de guerre hélas honoré d’une esplanade à Paris, a décidé qu’ Israël était disposé à céder 2% de la Palestine pour en faire le plus grand camp de réfugiés au monde.
Les israéliens ont façonné la bande de Gaza en une structure rectangulaire pour y déplacer les palestiniens du centre et du sud du pays rejetés par l’Égypte
Le dernier groupe de réfugiés déplacés à Gaza est celui qui vivait dans les 11 villages.
Israël a érigé des colonies sur les ruines de ces villages, lesquelles ont été attaquées par le Hamas le 7 octobre
Le Hamas a attaque des colonies édifiées sur les ruines des derniers villages de Palestine détruits par Israël et d’où la population a été expulsée vers gaza.
Dans les archives israéliennes on trouve un célèbre document intitulé Order number 40 du 25 novembre 1948 qui a été envoyé par le commandement central Israélien au commandant de la région de Gaza. Il cite les noms des 11 villages et précise, je cite littéralement : « Occupez le village, expulsez leurs habitants vers Gaza, brûlez les maisons et démolissez les maisons en pierre ». […]
Ce contexte historique concerne plusieurs générations qui vivent les impacts directs ou indirects de la Nakba de 1948 de manière intense et quotidienne.
Ils se remémorent les terres d’où ils ont été expulsés, tout en observant les colonies de l’autre côté de la clôture d’où la plupart de leurs parents et grands-parents viennent.
L’un des objectifs des marches du retour était de rappeler au monde que les colonies de l’autre côté de la clôture, celles qui seraient attaquées le 7 octobre étaient bâties sur les ruines des villages palestiniens détruits par l’épuration ethnique de 1948. »

La Licra en rajoute une couche au journal de 20h de France2 par la voix de Galina Elbaz sa 1ère Vice-Présidente : « Quand on présente des victimes d’un attentat terroriste israéliennes comme des colons juifs, il y a une double falsification. Déjà des victimes sont présentées comme des agresseurs. Un colon c’est un agresseur. Donc elles perdent leur qualité de victimes. Ces victimes étaient également des militants pour la paix, on l’oublie ».

Des «militants pour la paix » vivants dans des Kibboutz construits sur les terres volées aux palestiniens comme c’est expliqué par Ilan Pappé juste avant ? Il fallait oser. Et puis des « victimes» ? Vraiment ? Toujours dans son interview du 20 mars 2024 par Franck Barat, Eylal Sivan52 expliquait au sujet de l’obéissance à l’ordre donné par Yitzhak Rabin [entre 8mn 37s et 11mn 59s] : « cassez les membres (des jeunes palestiniens) » par les jeunes soldats israéliens durant la 1ere intifada. « Comment c’est possible que des gens qui ont été élevés dans l’héritage du génocide, qui sont issus d’un peuple avec une tradition de souffrances et d’opprimé arrivent à se conduire de la sorte ? Je pense que là il faut réfléchir à deux choses. On sait bien que sur le plan individuel, les enfants battus ne sont pas forcément des parents cléments. Donc on peut dire qu’il y a ici une forme de répétition psychologique. Mais je ne crois pas que la psychologie individuelle peut s’appliquer au collectif.
L’autre chose, c’est peut-être qu’on a un rapport faussé avec la notion de mémoire. C’est-à-dire, nous prenons la mémoire et nous disons qu’elle est opposée à l’oubli. Il y a cette idée que la mémoire serait un vaccin contre le crime. C’est-à-dire si on se rappelle du crime on va [inaudible]
Eh bien je pense que justement il faut se rappeler que la mémoire n’est pas opposée à l’oubli. La mémoire, elle englobe l’oubli. Là où il y a mémoire, il y a oubli. Et d’une certaine manière l’éducation israélienne, c’est une éducation qui insiste sur l’aspect que nous sommes la victime, nous sommes toujours la victime. Et nous sommes héritiers de la position de victime. Rappelons que « victime » est associée à l’idée d' »innocence », tout ce que nous faisons, tout ce que fait l’israélien, est un acte d’une victime innocente qui se défend. Et à partir de là, la mémoire ne devient pas ce qui empêche de commettre le crime mais dévient la permission accordée de commettre le crime. C’est-à-dire elle devient permissive. Et on l’a vu très bien dans les discours d’après le 7 octobre qui étaient : puisque nous sommes les victimes nous avons le droit de tout faire. Et nous sommes innocents jusqu’au bout. Tout ce que nous feront est un acte en réalité d’innocence et d’autodéfense, y compris le processus génocidaire qui se déroule aujourd’hui à Gaza. Ce n’est pas nous, disent les israéliens, c’est le Hamas. C’est-à-dire, nous sommes du côté de l’innocence. Et dans cette période dans laquelle Israël perd sur le plan international, en tout cas les populations, peut-être pas les dirigeants, dans lequel le 7 octobre a été profané en réalité par les autorités israéliennes, ma crainte profonde, serait que les israéliens vont chercher à retrouver leur position de victime pour justement retrouver leur innocence. Et ça c’est un processus extrêmement dangereux ».

Le 7-octobre est-il une attaque ANTISÉMITE ?

C’est une conséquence de ce que nous venons de dire plus haut. Attaque et non pas attentat, militaire et non pas terroriste. Et acte de résistance de l’opprimé. Cette inversion par la propagande israélienne du colonisateur-exploiteur-agresseur et du colonisé-exploité-agressé a conduit à définir l’attaque du 7-octobre comme antisémite. D’après la propagande de guerre sioniste, ce serait en tant que JUIFS que les israéliens auraient été tués et non pas en tant qu’israéliens voire COLONS.

Bien-sûr cette confusion se fait au nom de la mémoire de la Shoah et de l’histoire du pogrom. Marine Lepen a dit sur Europe 1 le 10 octobre 2023 : « On assiste à nouveau à des pogroms et ils se déroulent sur la terre d’Israël ». Et Yonathan Arfi @Yonathan_Arfi le 10 octobre 2023 : «Ce n’est pas qu’une attaque terroriste. C’est un immense pogrom, le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah. Je me refuse toujours à ces références. Mais c’est un fait : 900 civils exécutés de sang-froid. Des familles brûlées vives. Des bébés décapités. Parce que Juifs ». Et le CRIF va récidiver mi-décembre 2023 : « Samedi 7 octobre 2023, en pleine fête de Sim’hat Torah, les Israéliens se sont réveillés sous une pluie de roquettes et dans l’effroi le plus total. Le Hamas a lancé une attaque surprise contre Israël infiltrés sur le sol israélien. Au moins 1 400 civils ont été massacrés, des familles entières brûlées, des enfants égorgés. « L’attaque du Hamas n’est pas qu’une attaque terroriste contre Israël, c’est un pogrom contre le peuple juif » a déclaré Yonathan Arfi, Président du Crif le 19 décembre 2023 »53.

Frédérique Leichter-Flack, quand à elle, défend dans son article publié le 22 novembre 2023 dans K-larevue : « Un massacre, des massacres : les archives du 7 octobre et la mémoire »54 un concept curieux : le POGROM RESENTI : « Pour les victimes, à l’inverse, c’est justement cette grille de lecture-là, l’hypothèse de l’antisémitisme exterminateur, que la pensée décoloniale laisse dans son angle mort, qui s’est immédiatement imposée. Revenons en effet aux témoignages. Outre l’intertexte de la culture testimoniale de la Shoah, un second intertexte s’est répandu au point d’être devenu la métaphore privilégiée de désignation de l’événement : le pogrom. Dans l’imaginaire juif, les modalités du massacre du 7 octobre ont réactivé le souvenir traumatique transgénérationnel des pogroms, un héritage commun aux Juifs de la diaspora et aux Israéliens, qui se sont construits, eux, précisément contre ce souvenir et en réaction à lui : c’est l’autre sens du « never again is now ». Bien sûr, ce n’était pas stricto sensu un pogrom. Le pogrom, c’est ce qui arrivait dans l’empire tsariste, quand les Juifs n’avaient ni État, ni armée, ni police pour les défendre, quand ils étaient entièrement à la merci de leurs bourreaux. Et en nombre de morts, le massacre du 7 octobre a dépassé de très loin l’expérience d’un pogrom. Mais que dit la convocation de l’imaginaire du pogrom, outre la violence extrême, la cruauté, les viols barbares et les mutilations des corps ? Il dit la vulnérabilité, l’impuissance, et l’abandon. Et il dit la honte. La honte de ce qu’on vous a fait et de ce qu’on a fait de vous. La honte de ce qu’on a fait de vos êtres chers, et celle de votre impuissance à l’empêcher. La honte de la mère qui n’a pu protéger sa fille du viol. La honte du frère qui n’a pu protéger sa sœur de l’éviscération. La honte du père qui n’a pu empêcher ses enfants d’être brûlés vifs, les mains attachées dans le dos. La honte de l’État, qui n’était pas là au moment où on avait si vitalement besoin de lui ».

Outre le fait que ses délires sexuels et sadiques ne sont toujours pas encore aujourd’hui fondés, la difficulté c’est qu’elle semble se complaire dans un pathos imaginaire voire fantasmé qui semble hors-réalité. Le 7-octobre n’est pas vraiment un pogrom. Même ce n’en est pas du tout un. « Le pogrom (d’origine russe : погро́м) signifiant « destruction, pillage » est une attaque, accompagnée de pillage et de massacre, contre les Juifs en Russie, perpétrées le plus souvent par des communautés politiques ou religieuses, sans réaction des autorités ou avec leur assentiment, entre 1881 et 1921. Des violences similaires, mais d’ampleur plus limitée, surviennent à la même époque en Allemagne, en Autriche, en Roumanie et dans les Balkans. Raul Hilberg définit le pogrom comme « une brève explosion de violence d’une communauté contre un groupe juif qui vit au milieu d’elle-même. Il concerne aussi, de façon générale, des violences et des émeutes sanglantes dirigées par une partie de la population contre des minorités ethniques, religieuses ou d’origine différente de cette population»55. Et donc, objectivement, ce qui s’est passé le 7-octobre n’a rien à voir avec un progrom. C’est délirant que de le penser. S’il y avait une comparaison à faire, y compris au niveau de l’imaginaire juif, ce serait avec les résistants juifs qui ont combattu les nazis lors de la destruction du ghetto de Varsovie56.

Et si nous voulons parler de pogrom, il nous faut nous référer aux actions des colons israéliens appuyés par l’armée contre les palestiniens en Cisjordanie occupée57.

De la même manière il est confusioniste de penser que l’attaque du 7-octobre est ANTISEMITE. Manuel Valls, ancien Premier ministre français, tweete à 9:51 PM le 7 févr. 202458 : @i24NEWS_FR, Hommage national: « On utilise le mot antisémitisme, je préférerais que l’on parle clairement de ‘haine des Juifs et de haine d’Israël’. L’attaque du Hamas était une tuerie de Juifs. » France Diplomatie @francediplo tweete à la suite du « Discours [de Macron] lors de l’hommage aux victimes françaises des attaques terroristes du 7 octobre 2023 », du 7 février 2024 dont nous avons déjà parlé plus haut59 : «Le massacre du 7 octobre est le plus grand massacre antisémite du 21e siècle. Le contester est une faute. Sembler le justifier, en y mêlant le nom des Nations Unies, est une honte. Ces propos sont d’autant plus scandaleux que la lutte contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme sont au cœur de la fondation de l’ONU ». Ce à quoi Francesca Albanese, UN Special Rapporteur oPt, @FranceskAlbs a répondu « Le ‘plus grand massacre antisémite de notre siècle’? Non, M. @EmmanuelMacron. Les victimes du 7/10 n’ont pas été tuées à cause de leur judaïsme, mais en réaction de l’oppression d’Israël . La France & la communauté int’le n’ont rien fait pour l’empêcher. Mes respects aux victimes. x.com/lemondefr/stat… 11:02 PM · 10 févr. 202460

De leur côté, Maxime Benatouil et Nadav Joffe s’inscrivent en faux contre ces narratifs dans leur article du 27 février 2024 : « Le 7 octobre : un massacre antisémite ? »61, «Les narratifs autour des crimes perpétrés le 7 octobre par le Hamas ne font plus débat : de l’extrême droite à une partie non négligeable de la gauche, ils seraient le produit de l’antisémitisme ».

Ils expliquent : « Ce récit, devenu hégémonique, doit être caractérisé pour ce qu’il est : une manipulation crasse de l’histoire qui devrait indigner toutes celles et tous ceux qui entendent lutter sincèrement contre le racisme. La convocation de la mémoire du judéocide, afin d’invisibiliser un contexte de domination coloniale et de justifier une guerre de destruction à portée génocidaire, ne peut qu’abîmer les idées de justice et d’égalité pour tous·tes, et entraver l’horizon d’une paix juste sur le territoire.
Cette lecture alimente aussi un amalgame que nous considérons comme dangereux en tant que militant·es antiracistes, et que nous combattons. Derrière l’amalgame qui assimile les Juif·ves au sionisme, et la critique d’Israël à l’antisémitisme, se cache la rhétorique raciste qui fait des Palestinien·nes, et des Musulman·nes, un danger pour les Juif·ves ».

Nous finirons par cette remarque que c’est particulièrement antisémite que d’amalgamer tous les juifs au sionisme. Le Hamas lui-même est des plus clairvoyant lorsqu’il « affirme que son conflit est avec le projet sioniste et non avec les Juifs en raison de leur religion. Le Hamas ne mène pas une lutte contre les Juifs parce qu’ils sont juifs, mais contre les sionistes qui occupent la Palestine. Pourtant, ce sont les sionistes qui identifient constamment le judaïsme et les Juifs à leur propre projet colonial et à leur entité illégale »62.

Cet amalgame est dangereux pour les Juifs eux-mêmes : « La confusion entre Juifs, Israéliens et colons israéliens est très fréquente parmi les sionistes, ce qui leur permet de qualifier d’antisémites tous ceux qui s’opposent au sionisme, à l’occupation de territoires palestiniens par Israël et plus généralement à la politique israélienne. Ce faisant ils associent ces opposants à l’antisémitisme européen et à son apogée, la Shoah. C’est donc une confusion volontaire, intéressée, un amalgame stratégique.
Cet amalgame est dangereux pour les Juifs eux-mêmes car il fait porter à tous les Juifs et donc à chacun d’entre eux la responsabilité de la politique d’Israël, notamment vis-à-vis des Palestiniens. Et, en évacuant toute analyse et toute contestation du sionisme et de la politique suivie par Israël, il ne permet pas de comprendre la situation israélo-palestinienne et donc d’avancer vers des solutions »63.

D’autre part cet amalgame encourage l’antisémitisme. « Ce qui encourage l’antisémitisme est l’amalgame des Juifs avec Israël, du judaïsme avec le sionisme que font Israël et les organisations juives et chrétiennes pro-israéliennes. Israël promeut cette association en se déclarant « L’État du peuple juif », même si la moitié des Juifs n’y habitent pas et que de plus en plus de jeunes Juifs le rejettent. De plus, les alliés d’Israël à travers le monde se servent de cet amalgame afin d’étouffer les critiques d’Israël en les qualifiant d’antisémites. »64

Et, cerise sur le gâteau, cet amalgame EST antisémite. C’est évident dans la question d’Israël l’Etat juif ou l’Etat des juifs. Pourrait-on parler d’un Etat catholique ou sunnite ? D’un Etat des catholiques ou des sunnites. Non, Catholique, sunnite et « Juif », ce sont des religions voire une culture. Pas plus qu’il y a une race blanche ou noire, il y a une race juive.

De même concernant le PEUPLE Juif. « Tout Israélien sait, sans l’ombre d’un doute, que le peuple juif existe depuis qu’il a reçu la Torah dans le Sinaï, et qu’il en est le descendant direct et exclusif. Chacun se persuade que ce peuple, sorti d’Egypte, s’est fixé sur la « terre promise », où fut édifié le glorieux royaume de David et de Salomon, partagé ensuite en royaumes de Juda et d’Israël. De même, nul n’ignore qu’il a connu l’exil à deux reprises : après la destruction du premier temple, au VIe siècle avant J.-C., puis à la suite de celle du second temple, en l’an 70 après J.C.
S’ensuivit pour lui une errance de près de deux mille ans : ses tribulations le menèrent au Yémen, au Maroc, en Espagne, en Allemagne, en Pologne et jusqu’au fin fond de la Russie, mais il parvint toujours à préserver les liens du sang entre ses communautés éloignées. Ainsi, son unicité ne fut pas altérée. A la fin du XIXe siècle, les conditions mûrirent pour son retour dans l’antique patrie. Sans le génocide nazi, des millions de Juifs auraient naturellement repeuplé Eretz Israël (« la terre d’Israël ») puisqu’ils en rêvaient depuis vingt siècles.
Vierge, la Palestine attendait que son peuple originel vienne la faire refleurir. Car elle lui appartenait, et non à cette minorité arabe, dépourvue d’histoire, arrivée là par hasard. Justes étaient donc les guerres menées par le peuple errant pour reprendre possession de sa terre ; et criminelle l’opposition violente de la population locale »65.

« Il parvint toujours à préserver les liens du sang entre ses communautés éloignées ». « Les liens du sang » c’est clairement RACIAL. Surtout que, toujours d’après Shlomo Sand, « Contrairement à l’idée reçue, la diaspora ne naquit pas de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient. Voilà qui ébranle un des fondements de la pensée sioniste, celui qui voudrait que les Juifs soient les descendants du royaume de David et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars ». L’Etat d’Israël ne prend sa source et sa légitimité ni dans une nature juive, ni dans le judaïsme. Ce n’est qu’une construction politique et idéologique.

Conclusion : non seulement le sionisme est RACISTE mais il est ANTISEMITE.

« La prochaine génération de jeunes gens ne se souviendra pas du 7-octobre de la même manière qu’en Israël, aux Etats Unis et dans le monde en général. Et nous devons nous en assurer deux choses. Premièrement ce n’est pas que nous oublions. Nous devons veiller à ce que l’histoire soit racontée correctement afin que lorsque les livres d’histoire en parleront, ils ne mentionnent pas les victimes de Gaza. N’est-ce pas ? Ils ne peuvent pas [Applaudissements] L’histoire… Et c’est… Je devrais être plus précis. Il y a eu des victimes à Gaza. N’est-ce pas ? C’est vrai. Il y a des victimes civiles dans toutes les guerres qui ont été menées. Mais les victimes étaient les citoyens de l’Etat-Nation d’Israël. L’agresseur était le régime iranien par l’intermédiaire du Hamas. Et nous devons nous assurer que les livres d’histoire reflètent cela. Et cela exige que chacun d’entre nous, en parle chaque jour en temps réel avec nos enfants, avec nos petits-enfants, d’une manière sérieuse, réfléchie, complète et morale »66.

 

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2 Voir : « Chroniques sur la question palestinienne (1) Comment Macron-Darmanin-Dupond-Moretti et le CRIF ont instrumentalisé l’antisémitisme après le 7 octobre », Jean-François CHAZERANS,1er juillet 2025.
« J’y aborde la question de l’instrumentalisation de l’antisémitisme, notamment dans le contexte politique français. Je souligne que cette instrumentalisation sert souvent à défendre l’entité sioniste coloniale et à relativiser les crimes commis par son armée. Cette pratique fracture le camp antiraciste et limite les mouvements de solidarité avec la Palestine.
J’y critique également l’utilisation de l’antisémitisme comme bouclier politique pour museler les voix critiques envers les actions israéliennes. Et je mets en lumière le fait que cette instrumentalisation est utilisée pour limiter les débats et neutraliser la responsabilité des acteurs politiques et diplomatiques.
En résumé, je dénonce une dérive mémorielle et politique qui sacrifie la justice et la dignité des peuples, y compris des Juifs et des Palestiniens, au profit d’intérêts électoraux, idéologiques et géopolitiques. 
»
https://chazerans.fr/2025/07/chroniques-sur-la-question-palestinienne-1/
Voir aussi : « France. La loi « Yadan » et l’instrumentalisation des chiffres de l’antisémitisme », Sarra Grira, 7 avril 2026. « Pour donner de la légitimité à une proposition de loi visant avant tout à empêcher la critique d’ Israël et la dénonciation du génocide à Gaza, la députée Caroline Yadan s’appuie, entre autres, sur les chiffres de l’antisémitisme. Mais l’identité et la méthodologie des organisations qui en sont à l’origine montrent une instrumentalisation de cette réalité en faveur d’un positionnement pro-israélien. Une pétition contre cette proposition de loi sur le site de l’Assemblée nationale a déjà rassemblé plus de 400 000 signatures ».
https://orientxxi.info/France-La-loi-Yadan-et-l-instrumentalisation-des-chiffres-de-l-antisemitisme

5 « Le bilan du massacre du Festival Supernova s’élève à 364 morts », Par Times of Israel Staff 18 novembre 2023, 01:10.
Ce bilan représente près d’un tiers des 1 200 personnes tuées lors des massacres terroristes perpétrés par le Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre
https://fr.timesofisrael.com/le-bilan-du-massacre-du-festival-supernova-seleve-a-364-morts/

7 « « Mon colonel, bonsoir » : à la télé, l’omniprésent Olivier Rafowicz », https://www.arretsurimages.net/articles/mon-colonel-bonsoir-a-la-tele-lomnipresent-olivier-rafowicz

10 « Rapport de la Commission d’enquête internationale indépendante sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël » – Conclusions détaillées sur les attaques perpétrées en Israël à compter du 7 octobre 2023, 10 juin 2024
https://www.un.org/unispal/document/coi-attacks-7october2023-report-10jun24/

11 « Adoption à la Knesset d’une loi interdisant la négation du 7 octobre », Par Sam Sokol 21 janvier 2025, 20:48
https://fr.timesofisrael.com/adoption-a-la-knesset-dune-loi-interdisant-la-negation-du-7-octobre/

12 « Dans son discours prononcé en date du 27 septembre 2024 devant l’Assemblée générale des Nations unies, « Concernant l’attaque du 7 octobre 2023, Benjamin Netanyahu en parle comme d’une « malédiction ». « Des milliers de terroristes du Hamas, avec le soutien de l’Iran, sont entrés en Israël à bord de pick-ups ou à moto, et ils ont commis des atrocités inimaginables. Ils ont sauvagement massacré 1 200 personnes. Ils ont violé et mutilé des femmes. Ils ont décapité des hommes. Ils ont brûlé vifs des nouveaux-nés. Ils ont brûlé vives des familles entières – des bébés, des enfants, des parents, des grands-parents, des scènes qui n’ont pas été sans rappeler la Shoah des nazis » [« Texte du discours de Netanyahu prononcé à la 79e Assemblée générale de l’ONU », Par Times of Israel Staff, 29 septembre 2024, 16:15. https://fr.timesofisrael.com/texte-du-discours-de-netanyahu-prononce-a-la-79e-assemblee-generale-de-lonu/]. Presque tous les éléments de langage, même ceux qui ont été débunkés [Voir par exemple : « Une vraie enquête sur le 7 octobre et ses suites », 10 septembre 2024, 16 minutes d’explications à voir absolument https://contre-attaque.net/2024/09/10/une-vraie-enquete-sur-le-7-octobre-et-ses-suites/], y sont encore présents ».

13 https://www.liberation.fr/checknews/les-bebes-de-kfar-aza-au-coeur-dune-guerre-de-communication-entre-le-hamas-et-israel-20231012_A3KNCUHB3VB4FPGCH4KX3WRGSQ/
Voir aussi « « Quarante bébés décapités » : itinéraire d’une rumeur au cœur de la bataille de l’information entre Israël et le Hamas », Par William Audureau, Samuel Forey (Jérusalem, correspondance) et Assma Maad, Publié le 03 avril 2024 à 15h05, modifié le 05 avril 2024 à 09h21, https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/04/03/quarante-bebes-decapites-itineraire-d-une-rumeur-au-c-ur-de-la-bataille-de-l-information-entre-israel-et-le-hamas_6225805_4355770.html

14 https://www.liberation.fr/checknews/attaque-du-hamas-dou-vient-laffirmation-selon-laquelle-un-bebe-israelien-a-ete-mis-a-mort-dans-un-four-20231030_ZQZKBBCZPFF7RETIH32V54GWGE/
Voir aussi « Enquête Israël, 7 octobre : un massacre et des mystifications », ParCédric Mathiot, Florian Gouthière, Jacques Pezet, Publié le 11/12/2023 à 15h28. Deux mois après l’attaque terroriste du Hamas, le bilan presque définitif confirme que certaines horreurs alléguées, parfois relayées hâtivement au plus haut niveau pour obtenir le soutien international, n’ont pas eu lieu. https://www.liberation.fr/checknews/israel-7-octobre-un-massacre-et-des-mystifications-20231211_A7QBBETYDRDERFAQINGA66ZAR4/?redirected=8162

15 « Même si c’est encore approximatif, il devient possible de faire le récit kaléidoscopique des différents massacres opérés sur différents lieux en parallèle, et d’en proposer une sorte de reportage rétrospectif comme s’y sont attelés plusieurs grands journaux ».

17 « Les initiatives de collectes portent la marque de la littérature testimoniale de la Shoah, et au-delà d’elle, de la culture testimoniale d’une société habituée à écouter les anciens rescapés des camps raconter leur histoire dans les écoles. […]
comme si les efforts cumulés sur 75 ans se révélaient, en définitive, incapables d’empêcher le retour de la haine et des massacres. […]
Cette angoisse-là est d’ailleurs très présente aussi dans les témoignages des sauveteurs arrivés sur les lieux trop tard – trop tard par exemple pour sauver cette fillette terrifiée, restée trop longtemps toute seule à se vider de son sang au milieu de toute sa famille assassinée, comme l’une des secouristes l’a raconté, face caméra, sans pouvoir retenir ses larmes. »

18 https://www.youtube.com/watch?v=8NbY3KmHi3o
Voir aussi « CheckNews Crimes du Hamas : qu’y a-t-il dans la vidéo de 48 minutes d’horreur que montre Tsahal à la presse étrangère ? », Par Nicolas Rouger correspondant à Tel-Aviv, Publié le 02/11/2023 à 21h10
«Libération» a assisté à une des projections de la vidéo documentant les atrocités commises le 7 octobre lors de l’attaque terroriste du Hamas. Nous avons fait le choix de livrer le détail de ces séquences qui font l’objet de discussions en France comme à l’étranger depuis leur première diffusion mais dont le récit, exhaustif et factuel, n’est pas accessible au grand public. https://www.liberation.fr/checknews/crimes-du-hamas-quy-a-t-il-dans-la-video-de-48-minutes-dhorreur-que-montre-tsahal-a-la-presse-etrangere-20231102_MD2JVN3AH5C6JKE5T7TGXYS5DE/?redirected=3367

19 https://k-larevue.com/un-massacre-des-massacres-les-archives-du-7-octobre-et-la-memoire/

20 Dans le nu de la vie. Récits des marais rwandais, Seuil, 2000. 

21 Je me suis penché deux fois sur cette comparaison mais inversée. D’abord dans « Chroniques sur la question palestinienne (3) Les soldats israéliens, bourreaux ET victimes ? » Jean-François CHAZERANS, 23 août 2025.
https://chazerans.fr/2025/08/chroniques-sur-la-question-palestinienne-3/
Ensuite dans « Chroniques sur la question palestinienne (4) Israël fait-il pire que le nazisme ? » Jean-François CHAZERANS, 10 septembre 2025. https://chazerans.fr/2025/09/chroniques-sur-la-question-palestinienne-4/

22J’ai abordé cette question des « Einsatzgruppen nazi » dans mon article « Chroniques sur la question palestinienne (3) Les soldats israéliens, bourreaux ET victimes ? » 23 août 2025. Toutefois cela concerne l’attitude de l’armée israélienne et non pas des palestinins le 7-octobre.
https://chazerans.fr/2025/08/chroniques-sur-la-question-palestinienne-3/

23 « CheckNews Crimes du Hamas : qu’y a-t-il dans la vidéo de 48 minutes d’horreur que montre Tsahal à la presse étrangère ? », Par Nicolas Rouger correspondant à Tel-Aviv, Publié le 02/11/2023 à 21h10. https://www.liberation.fr/checknews/crimes-du-hamas-quy-a-t-il-dans-la-video-de-48-minutes-dhorreur-que-montre-tsahal-a-la-presse-etrangere-20231102_MD2JVN3AH5C6JKE5T7TGXYS5DE/?redirected=0443

24 Voir « Le traumatisme de l’Holocauste en Israël est un mythe », Tony Greenstein,:Electronic Intifada, 10 juillet 2025, https://legrandsoir.info/le-traumatisme-de-l-holocauste-en-israel-est-un-mythe-electronic-intifada.html

25 « Massacres de Sétif en Algérie : retour sur un 8 mai 1945 sanglant », Par Florence Dartois – Publié le 06.05.2020 – Mis à jour le 06.05.2025. Il y a 80 ans, alors que l’Algérie française fête la victoire sur l’Allemagne nazie, des drapeaux algériens sont brandis par la foule, malgré l’interdiction des autorités. La mort d’un jeune Algérien va provoquer une émeute et enflammer le Constantinois. Cette révolte, durement réprimée par l’armée française, a constitué l’évènement fondateur du nationalisme algérien.https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/8-mai-1945-massacre-de-setif-algerie-france-repression-nationalisme

28 https://www.legrandsoir.info/attaque-ou-attentat.html

29 Menahem Kahana / AFP, 20 Minutes avec AFP, Publié le 08/09/2025 à 12h33 • Mis à jour le 08/09/2025 à 13h53 https://www.20minutes.fr/monde/4171778-20250908-israel-attentat-fait-cinq-morts-jerusalem-france-condamne

30 « Le terrorisme est-il un acte de guerre ? » https://www.defnat.com/e-RDN/previsu-tribune.php?ctribune=769

31 « Crime de guerre, terrorisme, attentat : quelle réalité juridique derrière les mots du conflit Israël-Hamas », Par Noémie Lair, Publié le jeudi 12 octobre 2023 à 16h28, https://www.radiofrance.fr/franceinter/crime-de-guerre-terrorisme-attentat-quelle-realite-juridique-derriere-les-mots-du-conflit-israel-hamas-8703960

32 Déjà cité plus haut : « AL-AQSA FLOOD. Deux années de détermination et de volonté de libération », https://ancommunistes.fr/IMG/pdf/ournarrative_fr.pdf

33 Fils de juifs survivants du ghetto de Varsovie, il se fait connaître par sa thèse de doctorat démontant un best seller publié en 1984 par Joan Peters (en), From Time Immemorial (en) reprenant le mythe que la Palestine aurait été une « terre sans peuple pour un peuple sans terre », puis par ses écrits sur le conflit israélo-palestinien et sa critique de ce qu’il a appelé « l’Industrie de l’Holocauste », terme par lequel il désigne les organisations et les personnalités juives (notamment le Congrès juif mondial ou Elie Wiesel) qui, selon lui, instrumentalisent la Shoah dans un but politique (soutenir la politique israélienne) ou mercantile (obtenir des réparations financières de la part de l’Allemagne et de la Suisse).

35 « Norman Finkelstein : à Gaza, Israël commet un triple crime contre l’humanité », Interview du Professeur Norman Finkelstein par Aaron Maté, le 22 mai 2021, consacré au dernier affrontement entre Israël et Gaza. « Pour Norman Finkelstein, poser la question « Israël a-t-il le droit de se défendre face aux roquettes de Gaza ? » revient à demander si un gardien de camp de concentration a le droit de plaider la légitime défense lorsque les prisonniers essayent de se libérer. En somme, Israël a-t-il le droit de perpétuer ses crimes ? » http://newsnet.fr/191957

36 « October 7 », Al Jazeera Investigations, Al Jazeera English, 20 mars 2024, https://www.youtube.com/watch?v=_0atzea-mPY

38 Voir « 38 enfants ont été tués et 20 sont devenus orphelins des deux parents, le 7 octobre » Par Times of Israel Staff, 3 mars 2024, 16:15 https://fr.timesofisrael.com/38-enfants-ont-ete-tues-et-20-sont-devenus-orphelins-des-deux-parents-le-7-octobre/

41 Voir aussi : « De plus en plus de rapports indiquent que les forces israéliennes sont responsables des morts civiles et militaires israéliennes suite à l’attaque du 7 octobre », Par un contributeur anonyme, 22 octobre 2023
De nombreux détails concernant les événements du 7 octobre restent flous, notamment les circonstances de la mort des 1 400 Israéliens. Un nombre croissant de rapports indique que l’armée israélienne est responsable de ces décès, tant civils que militaires.
https://mondoweiss.net/2023/10/a-growing-number-of-reports-indicate-israeli-forces-responsible-for-israeli-civilian-and-military-deaths-following-october-7-attack/

42 https://lecridespeuples.fr/2023/10/17/de-nombreux-civils-ont-ete-tues-par-larmee-israelienne-affirme-une-survivante-dun-kibboutz/
Voir aussi : « Le 7 octobre, Israël a mis en œuvre une ‘directive Hannibal de masse’ », lecridespeuples, 9 décembre 2023, Source : The Cradle, le 20 novembre 2023. « Le colonel Nof Erez affirme que l’armée israélienne a probablement tué ses propres civils à plusieurs reprises le 7 octobre pour éviter qu’ils ne soient ramenés à Gaza en tant que captifs du Hamas ».
https://lecridespeuples.fr/2023/12/09/le-7-octobre-israel-a-mis-en-oeuvre-une-directive-hannibal-de-masse/

44 Voir aussi : « 7 octobre révélations sur les massacres » Investig’Action 10 novembre 2023, https://www.facebook.com/watch/?v=1264908990866710

45 « Le terrorisme et l’état de guerre. Tentative de définition définitive », Pages 209 à 229, Par Ninon Grangé, https://shs.cairn.info/revue-cahiers-critiques-de-philosophie-2013-1-page-209?lang=fr

46 Paris, Fayard, 1995 (p. 647 de l’édition Livre de poche).  .

47 « Ouvrages scolaires – Le Crif a dénoncé une falsification de l’Histoire et une justification du terrorisme du 7-Octobre », 14 janvier 2026, https://www.crif.org/articles/actualites/2026-01-14/ouvrages-scolaires-le-crif-a-denonce-une-falsification-de-lhistoire-et-une-justification-du-terrorisme-du-7-octobre/

48 « Les « colons juifs » dans un manuel français sur le 7-Octobre : révision du bac ou révisionnisme ? », Par Alexander Kazakevich, Publié le 15/01/2026 – 16:10 UTC+1 •Mis à jour 22:12
« Le géant Hachette retire en urgence des manuels présentant les victimes des attentats perpétrés par le Hamas comme des « colons juifs » ». Euronews a interrogé un enseignant. https://fr.euronews.com/2026/01/15/les-colons-juifs-dans-un-manuel-francais-sur-le-7-octobre-revision-du-bac-ou-revisionnisme

49 « « Israel est un pays qui n’a pas de limites » », https://www.youtube.com/watch?v=6Z4JZrUmESE

50 Voir aussi « L’extension territoriale d’Israël depuis octobre 2023 », Armin Messager, 5 mars 2026. Si le 7 octobre 2023 constitue un tournant majeur dans la recomposition des rapports de force au Proche-Orient, il a également été le prétexte pour redessiner les lignes de démarcation. Israël a ainsi saisi cette séquence pour consolider et étendre son emprise territoriale à Gaza, en Cisjordanie, mais aussi au Sud-Liban et en Syrie, installant de facto des réalités durables sur le terrain. Une constante dans l’histoire coloniale de l’État.
Quelles sont les frontières d’ Israël ? Celles-ci n’ont cessé d’évoluer — et d’être repoussées — depuis 1949, à chacune des guerres menées contre ses voisins. Trop souvent présentées comme des opérations de « défense », les offensives que Tel-Aviv mène sur les fronts limitrophes depuis le 7 octobre 2023 s’inscrivent dans cette histoire longue. Notons que cette évolution territoriale est largement assumée publiquement, à travers les cartographies militaires, les tribunes stratégiques et les déclarations de responsables.

https://orientxxi.info/L-extension-territoriale-d-Israel-depuis-octobre-2023
Voir aussi : « Monde arabe. Frontières et circulations en évolution », Léonard Sompairac, 11 mars 2026. « Quel est le rôle des frontières dans la construction des appartenances dans le monde arabe ? Comment une région, jadis ouverte à la circulation, a-t-elle été reconfigurée et avec quels impacts ? Quels types de liens persistent d’un côté ou de l’autre des remparts ? Autant de questions que le Réseau des médias indépendants sur le monde arabe va tenter d’approcher avec différents angles, dans ce nouveau dossier d’articles consacré à la thématique des frontières. Une expansion impérialiste d’Israël, qui, fort de la Bible revendiquée comme cadastre, n’a jamais défini ses frontières ». https://orientxxi.info/Monde-arabe-Frontieres-et-circulations-en-evolution

51 « La vérité sur le nettoyage ethnique en Palestine », Conférence à Genève fin janvier 2024 GAZA, une étude de cas sur le génocide : Jacques Baud, Ilan Pappé, Craig Murray, Gilles Devers et +
https://www.facebook.com/InvestigAction/videos/1689595038233167 de 7mn18 à 11mn32

52 https://www.youtube.com/watch?v=6Z4JZrUmESE« Eyal Sivan : « Israel est un pays qui n’a pas de limites » » 

56 Voir par exemple : « 80e anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie, la résistance juive », 19 avril 2023
https://www.crif.org/articles/actualites/2023-04-19/80e-anniversaire-du-soulevement-du-ghetto-de-varsovie-la-resistance-juive/
Voir aussi concernant le concept de pogrom voir « Le 7 octobre, pogrom ou résistance ? Les enjeux d’une définition » DidierFassin iReMMO vers avril 2025, archive | Didier Fassin analyse les implications sur l’utilisation d’une définition spécifique pour qualifier les actes du 7 octobre, https://www.youtube.com/watch?v=hgoN_gTqLPo
Voir aussi : « Israel-Palestine : est ce que le 7 octobre est un pogrom ? » Sophie Bessis L’éléphant dans la pièce vers septembre 2024, L’éléphant dans la pièce est un podcast relatif à la question coloniale vue sous différents prismes. https://www.youtube.com/shorts/rCmlGFyv7eo

57 « Enzo Traverso, historien « Israël est plus « pogromiste » que les Palestiniens» » Au Poste vers septembre 2024, https://www.youtube.com/shorts/bnjA9yvIm8o
« Cartographie des 1 800 attaques de colons israéliens en Cisjordanie depuis octobre 2023 », Al Jazeera , jeudi 23 janvier 2025, https://www.france-palestine.org/Cartographie-des-1-800-attaques-de-colons-israeliens-en-Cisjordanie-depuis
« L’ONU condamne les attaques de colons israéliens masqués en Cisjordanie occupée », 14 novembre 2025 Droits de l’homme. Le bureau des droits humains de l’ONU a fermement condamné, vendredi, les attaques menées ces derniers jours par des groupes de colons israéliens masqués en Cisjordanie occupée. Jugeant ces images « révoltantes », le Haut-Commissariat aux droits de l’homme y voit le signe d’une recrudescence plus large des violences visant les Palestiniens. https://news.un.org/fr/story/2025/11/1157877
« « Des pogroms purs et simples » : l’indignation de quatre anciens hauts gradés israéliens concernant les exactions des colons en Cisjordanie », Par Luc Bronner (Jérusalem, correspondant), Publié le 17 mars 2026 à 20h14, modifié le 18 mars 2026 à 09h34. Dans une lettre ouverte, des responsables sécuritaires à la retraite s’inquiètent de l’intensification des violences contre les Palestiniens et de l’inaction des autorités face à ce qu’ils qualifient de « phénomène quotidien, permanent et terrifiant ».
https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/17/des-pogroms-purs-et-simples-l-indignation-de-quatre-anciens-hauts-grades-israeliens-face-aux-exactions-des-colons-en-cisjordanie_6671791_3210.html 

62 « Opération Déluge al-Aqsa : Notre récit », 24 janvier 2024,
https://www.chroniquepalestine.com/operation-deluge-al-aqsa-notre-recit/

63 « Juif, Israélien, colon israélien : de la confusion à l’amalgame », Robert Joumard, citoyen, 13 novembre 2023
Peut-on identifier les colons israéliens à tous les Israéliens, ou à tous les Juifs ? Peut-on, doit-on faire la différence ? Par un membre de la commission Démocratie d’Attac
https://blogs.mediapart.fr/robert-joumard/blog/131123/juif-israelien-colon-israelien-de-la-confusion-lamalgame

64 « Un amalgame qui mine la paix sociale », YAKOV RABKIN, 12 Mai, 2024 https://paju.org/fr/un-amalgame-qui-mine-la-paix-sociale/

65 « Comment fut inventé le peuple juif », par Shlomo Sand, Le Monde Diplomatique, août 2008, p. 3. https://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/SAND/16205

66 Mike Pompeo, ancien chef de la diplomatie américaine et sioniste, Floride, 13 janvier 2026.

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