Mariage d’Oscar et Madeleine 9 décembre 1909


Hier, c’était l’anniversaire des 109 ans du mariage de mes arrières-grands-parents Oscar VENDREDI et Madeleine ONNAINTY. Engrâce ONNAINTY dite « Madeleine » est née le 13 novembre 1878 à 4 h du matin dans la Maison Lohidoy-Borde à Licq-Athérey (64). Léon Jean VENDREDI dit « Oscar » est né le 6 avril 1884 à la Gorp d’Ambarès (33). Ils se sont mariés le 9 décembre 1909 à la Mairie de Bordeaux.

La famille en a gardé une photo.

Au centre les mariés. A leur droite , Jeanne MINARD et Etienne VENDREDI (Mère et père d’Oscar), Valentine LOHIDOY (cousine germaine maternelle de la mariée). A leur gauche, M. et Mme Pierre RETIF (Oncle et tante maternels de la mariée). Au dessus de ces derniers : Oncle Joseph, frère de la mariée et sa femme, Claire SUHIT. Joseph ONNAINTY est né le 22 juin 1875. Lors de la grande guerre, il a participé aux campagnes contre l’Allemagne du 4 août 1914 au 1er février 1919 et eu une citation à l’ordre de la brigade le 8 octobre 1915. Il s’était marié le 25 septembre 1903 à Alos-Sibas-Abense (64), avec Claire SUHIT née le 18 septembre 1874 à Alos-Sibas-Abense et décédée à Tardets le 25 décembre 1950 à l’âge de 76 ans. Fille de Jean SUHIT né en 1841 ou 1842 Métayer, laboureur & Anne BOSOUM née en 1845 à Alos-Sibas-Abense, ménagère. Mariés le 15 avril 1872 à Alos-Sibas-Abense (p.26). La mère d’Anne BOSOUM, Geneviève BADACARRAX est décédée le 31 mars 1872 soit 15 jours avant son mariage. Joseph et Claire ont eu, d’après ma mère et l’un de mes cousins basques, un seul enfant décédé jeune. Claire SUHIT a eu une demie-sœur plus âgée illégitime : Célestine SUHIT, née le 21 mai 1871 à Alos-Sibas-Abense (p. 29). Fille de Jean SUHIT né en 1841 ou 1842, métayer – laboureur & Marie dite Maridès ARABEHETY née en 1842, cultivatrice. Et deux sœurs, Marianne SUHIT, née le 3 novembre 1872 à Alos-Sibas-Abense (p. 34) et décédée le 4 septembre 1951 à Tardets. Mariée le 4 novembre 1898 à Dominique HARISTOY. Et Marie SUHIT née le 10 mars 1876 à Alos-Sibas-Abense.

Tout en haut à gauche : Tante Catherine (sœur de la mariée) et son mari, Jean LESTARPE. Cathérine ONNAINTY est née le13 avril 1882 à 6h dans la Maison Lohidoy Borde. Elle s’est mariée le 16 novembre 1907 à Tardets avec Jean LESTARPE né à Licq-Athérey le 20 janvier 1880 et décédé le 20 juin 1915 à l’hôpital de Lyon des suites de ses blessures à l’âge de 35 ans. Il est mort pour la France, a eu une citation : « A toujours fait courageusement son devoir. Blessé le 17 avril 1915 par un éclat d’obus. Amputé de la cuisse droite« . Et a été décoré de la Médaille militaire.

Reste trois couples et un homme et une femme seuls à identifier sur cette photo de mariage. D’après l’Acte de mariage, les témoins étaient Etienne VENDREDI et Jeanne MINARD, M. Pierre RETIF, âgé de 58 ans, retraité, rue d’Eugénie, M. Alexis POUJET, âgé de 29 ans, camionneur, rue Beau… (?), 8, M. Adolphe POUET, âgé de 23 ans, parqueteur, même maison, M. Mathias CASTETS, âgé de 68 ans, rentier, rue des Menuets, 13.

Le jeune homme juste au dessus d’Etienne, qui pourrait être âgé de 23 ans, pourrait être Adolphe POUET. Les deux hommes en couple tout en haut à droite pourraient être les deux autres témoins Alexis POUJET et Mathias CASTETS. La femme seule la première du second rang à partir de la gauche ne pourrait-elle pas être l’autre sœur de Madeleine, Cathérine ONNAINTI, née 3 mois et demi après elle, le 1er mars 1880 à Licq-Athérey (64) ? Quand à l’homme seul, le troisième à partir de la gauche tout en haut, il ressemble beaucoup au marié et pourrait être Léon, son frère.

J’ai déjà parlé de lui dans un post précédent. Il est né le 29 avril 1879 à 18h à La Gorp d’Ambarès (33) et est décédé des suites d’un cancer du foie, le 11 juin 1939 à Cadillac (33) à l’âge de 60 ans et est probablement enterré dans le Cimetière des oubliés. Interné à l’Asile de Cadillac le 7 juin 1913 à l’âge de 34 ans, il y est resté 26 ans, oublié par la société et surtout par sa famille qui a gardé le secret. Ce lourd secret, qui a empoissonné la vie de ma famille, a été levé pour moi voilà seulement 7 mois, soit 79 ans après.

Tout me porte à penser que mon arrière-grand-mère Madeleine aurait dû se marier avec lui. En effet, la famille a gardé une carte postale d’Oscar à son frère écrite d’Avignon, et datant du 9 juin 1906 : « Cher frère, J’ai reçu ta lettre qui m’a fait grand plaisir en te sachant en bonne santé. J’espère bien revenir à Pompignac avant que tu sois parti chercher fortune en Espagne. Je suis sur cette photographie, tache de voir si tu me trouves et conserve cette carte. Bien le bonjour à Gracieuse de ma part. Je finis en t’embrassant le cœur. Ton frère »

Ma tante Pierrette qui possède cette carte et me l’a montrée le jour où elle m’a aidé à lever le secret de l’existence de Léon, a bien vu que les deux frères étaient très proches et s’est demandée si Léon était vraiment parti en Espagne. Elle se demandait aussi si la « Gracieuse » qu’Oscar demandait de saluer à son frère n’était pas Engrâce (Gracieuse en basque), Madeleine qu’Oscar épouserait trois ans plus tard. Mais Gracieuse semblait là plus proche de son frère que de lui. A moins, rajouta-t-elle que ce soit une autre Gracieuse, Gracieuse GRAVELIER qui habitait à Pompignac. Mais ma mère et mon oncle Claude son formels. Grâcieuse est bien « Engrâce-Madeleine ».

« Chercher fortune en Espagne » ? Et si Léon avait le projet en 1906 d’aller demander la main de Madeleine à ses parents qui vivaient toujours au Pays Basque à une vingtaine de kilomètres de l’Espagne ? Cela pourrait-être confirmé par le dossier médical de Léon lors de son admission à l’asile de Cadillac. Il y est écrit noir sur blanc : « a essayé de se marier ».

Madeleine, promise à Léon en 1906, s’est mariée avec Oscar en 1909. Que s’est-il donc passé ? Nous en sommes réduits à faire des hypothèses. Mais les fantômes qui sont à l’œuvre dans la famille qui induisent des comportements qui paraissent de prime abord irrationnels confirment le bien fondé de ces assertions. Moi-même, j’ai aujourd’hui la conviction d’avoir rejoué cette scène originaire dans la plupart de mes relations amoureuses, recherchant des femmes qui ressemblaient à Madeleine et prenant à leurs côtés tantôt le rôle d’Oscar, tantôt celui de Léon, et même quelquefois alternativement ces deux rôles.

D’abord, lorsque voilà six mois j’ai abordé ce secret avec mon Oncle Claude, qui soit-dit en passant, s’appelle « Oscar Claude » sans trait d’union…, il m’a dit énigmatiquement : « il a bouffé la baraque ! ». Et m’a expliqué qu’Etienne, mon arrière-arrière-grand-père (le père d’Oscar), possédait dans les années 1875 une maison à la Gorp d’Ambarès avant d’acheter dans les années 1890 la maison de famille du Pont-Castaing à Pompignac. Et, m’a même montré un document notarial prouvant ce qu’il avançait. Maison dont personne n’avait entendu parler dans la famille. Lorsque j’ai demandé à mon oncle : « mais qui a bouffé la baraque ? » Il a changé de conversation.

Bien que mon oncle m’ait dit qu’Etienne, « lui aussi était fatigué du ciboulot », je ne pense pas que ce soit lui. Il serait plus probable qu’il ait, si j’ose dire, seulement mis ses deux fils en compétition, préférant le cadet qui allait lui succéder et mettant en place les conditions objectives pour que ce soit Léon qui le fasse.

En 1906, Léon a donc le projet de se marier avec Madeleine. Oscar finit son tour de France de Compagnon. Il revient à Pompignac. Il est plus probable de penser que Léon, en syndrome post-traumatique, très instable émotionnellement, a bouffé la baraque d’Ambarès et que cela se passe mal avec Madeleine. Ce qui me fait dire cela, je le ressens au plus profond de moi, est que le contexte de cette scène originaire est certainement le triangle dramatique de Karpman, ce triangle sauveur-victime-bourreau doublé d’une triangulation amoureuse mise en place par la victime. Oscar sauveur de Madeleine sauveuse-amoureuse-victime de Léon. Oscar bourreau de son frère. Léon amoureux-sauveur-bourreau de Madeleine et bourreau de son frère. Madeleine qui cherche à sauver Léon et à se faire sauver par Oscar. Madeleine, bourreau des deux frères.

Il est probable que même mariée avec Oscar, Madeleine continue à avoir une relation amoureuse avec Léon qui va conduire ce dernier à l’Asile. Mon grand-père Jean qui est né un an presque jour pour jour après le mariage est certainement le fils d’Oscar. Par contre, il pourrait y avoir un doute concernant mon grand-oncle Pierre qui est né juste un mois après l’internement de Léon. Ce dernier aurait-il abusé de Madeleine ou était-elle consentante ? Tout m’amène à penser aujourd’hui, qu’aussi étonnant que cela puisse paraître, vu l’instabilité émotionnelle probable de Madeleine, que ce fût les deux.

Mon arrière-arrière-grand-père Etienne, trouvé exposé sur les marches d’une église le 18 avril 1837 à 5h du matin à Miramont-d’Astarac (canton de Mirande – 32), décède le 30 janvier 1914 au Pont-Castaing à Pompignac (33), soit 7 mois après l’internement de son fils. Oscar part le 4 août 1914 pour quatre ans et demi à la guerre. Il participa aux campagnes contre l’Allemagne jusqu’au 6 janvier 1919. Il décède le 28 avril 1930 à 11h59 à l’âge de 46 ans, à l’Hôpital Saint André de Bordeaux (33) où il a été transporté après son accident de voiture sur le Pont de Pierre. La légende familiale était qu’il conduisait sa camionnette, mon grand-père Jean, son fils, étant passager. En fait, il est certain aujourd’hui qu’il était sur le plateau arrière et en est tombé accidentellement. Et que c’était mon grand-père qui conduisait sans permis. La mère d’Oscar, Jeanne MINARD dite « Antoinette », née le 6 octobre 1851 Le Bourg Jayac (24) est décédée le 3 mai 1930 au Pont-Castaing à Pompignac (33), soit 5 jours après l’accident mortel de son fils. Madeleine est décédée le 10 juin 1962 à 15h au Pont-Castaing à Pompignac (33) à l’âge de 83 ans et 7 mois. Soit 32 ans après son mari et 23 ans après Léon.

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