Y a-t-il un génocide à Gaza ? Étude de cas sur les pirouettes et les mensonges d’un sioniste éhonté.
Un Réel de 2mn04s a été partagé par des comptes siono-facho-anti-LFI. Voir par exemple1. Il s’agit d’un débat polémique entre Thomas Guénolé et quelqu’un que je ne connaissais pas, mais qui m’a paru être un sioniste, sur la question du génocide à Gaza. Thomas Guénolé soutenant qu’il y avait un génocide et le sioniste, évidemment, qu’il n’y en avait pas.
Nous voyons sur ce Réel Thomas Guénolé qui semble déstabilisé par son interlocuteur. Guénolé commence par défendre son point de vue en citant de suite l’IAGS2 et la commission d’enquête de l’ONU sur la Palestine qui concluent toutes les deux que c’est un génocide. Et, il est immédiatement pris à partie par son interlocuteur : « pourquoi vous citez l’IAGS et pourquoi vous citez la commission d’enquête de l’ONU ? »
L’interlocuteur de Guénolé, va essayer de mettre mal ce dernier en essayant de lui faire la leçon. Guénolé répétant plusieurs fois qu’il ne comprend pas cette question : « si vous utilisez ces organisations pour prouver ce que vous dites, c’est que vous considérez qu’elles sont des autorités. Quelles sont les seules organisations compétentes pour qualifier un génocide juridiquement ? ». Guénolé semble décontenancé et on comprendra plus tard pourquoi. L’interlocuteur répond à sa propre question en continuant à faire des leçons en détachant bien chaque mot : « les deux seules organisations juridiques compétentes pour qualifier un génocide s’appellent la cour internationale de justice et la cours pénale internationale. Ces deux organisations ne concluent pas à un génocide. Le problème d’un argument d’autorité, c’est que pour qu’il fonctionne, je ne dois pas pouvoir vous opposer d’autres autorités, sinon votre argument d’autorité s’effondre. Or, il s’avère que voici les institutions les groupes d’experts et les ONG, et les départements académiques, qui ne qualifient pas ce qui se passe à Gaza de génocide : Le bureau de l’ONU chargé de la prévention du génocide, L’International Crisis Group, La Fondation de la Shoah ». Et, devant un Thomas Guénolé qui semble désabusé, notre sophiste sioniste finit : « pourquoi les avez vous citées elles et pas celles-ci ? ».
Comme ça puait le bidonnage, j’ai demandé à celui qui avait posté ce Réel sur FaceBook, un lourdaud facho-sioniste et anti-LFI, qui cherche toujours à faire le malin, s’il était possible d’avoir la source complète, ou du moins la référence de cet extrait qui semblait être tiré d’une émission plus longue. Il m’a répondu qu’il ne les avait pas, « vu qu’il l’avait trouvé en scrolant sur instagram. Mais on voit la vidéo partout maintenant. Vous allez trouver ».
Je vous retranscrits ci-après la discussion que nous avons eue, emblématique selon moi de l’état de déréliction de certains « débats » sur les réseaux sociaux.
Je lui ai d’abord répondu : « ne me dit pas que tu as partagé un document non sourcé, si ? »
Ne comprenant pas, ou faisant semblant de ne pas comprendre le problème, il a répondu : « guenolé n’a pas démenti alors quil est tres largement partagé depuis 24h. Tu peux donc etre parfaitement rassuré. Cette interview est vraie. Ps : des documents sourcés peuvent s’avérer faux donc … »
J’ai continué à enfoncer le clou : « tu veux dire que c’est à Guenolé de démentir et non à ceux qui partagent de vérifier et de croiser leurs sources ? » Ça s’appelle de l’inversion accusatoire. Ce serait à l’accusé d’apporter des preuves de sa non culpabilité. Belle mentalité ! »
Et j’ai continué concernant le fait que « des documents sourcés peuvent s’avérer faux« , « je pense que, comme ton copain J. S., tu es un champion de la diversion. Que des documents sourcés puissent s’avérer faux, cela ne réfute en aucun cas qu’il faut sourcer ses affirmations. Bien sûr c’est nécessaire et pas suffisant car il faut quelquefois recouper les documents et les soumettre à une analyse critique. C’est donc cruellement manquer de déontologie que de faire ce que tu fais là. Et en plus tu cherches à te donner bonne conscience par tous les moyens… C’est petit petit. »
Le fâcheux-facho, comme à son habitude, persévère sans vergogne dans ses acrobaties verbales : « cette video n’est pas démentie par l’intéressé mais tu es tellement cossard que tu ne fais pas l’effort de chercher. Attention le gras du bide te guette mon ami. L’exercice ne nuit pas a la santé. Sort de ton lit et cherche ! »
Bien-sûr je n’ai pas lâché l’affaire : « après la diversion et l’inversion, voilà venir les attaques personnelles. Mais non ce n’ est pas comme ça que ça fonctionne. C’est à toi de fournir la source. Et surtout le document en entier pour nous permettre de faire notre propre jugement. Après que veux-tu démontrer avec ce document tronqué ? »
Et ce champion de la mauvaise foi m’a répondu : « ce que tu vois dans cette video tronquée (sic) ne te suffit pas ? Qu’est-ce qu’il manque pour affiner ton opinion ? Ce que dit l’interlocuteur de Guenolé c’est peut-être faux après tout. Tu as raison de t’interroger. Verifie si ce qu’il dit est exact ou non. Il faut être actif en politique. Le but de ce partage c’est de s’interroger. C’est plutôt reussi si je m’en tiens à toutes les reactions ».
N’ayant pas obtenu le document original, je suis donc allé vérifier, dans un moteur de recherche, les sources de l’interlocuteur de Guénolé qui niaient l’existence du génocide à Gaza :
1) Le bureau de l’ONU chargé de la prévention du génocide (Office for the Prevention of Genocide)
2) L’International Crisis Group
3) La Fondation de la Shoah (Yad Vashem)
Comme je n’ai rien trouvé, j’ai posé la question à ChatIA, l’IA de qwant.com.
Résultat : AUCUNE DES TROIS SOURCES N’A PUBLIÉ DE DÉCLARATION AFFIRMANT QU’IL N’Y A PAS DE GÉNOCIDE Á GAZA.
1) Le bureau de l’ONU pour la prévention du génocide dit-il qu’il n’y a pas de génocide à gaza ?
Le bureau de l’ONU chargé de la prévention du génocide (Office for the Prevention of Genocide) n’a pas publié de déclaration affirmant qu’il n’y a pas de génocide à Gaza.
Les documents disponibles (rapports de la Commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, de la Commission d’enquête internationale indépendante, ainsi que des déclarations d’experts et d’ONG) concluent plutôt que les opérations israéliennes à Gaza remplissent les critères du génocide tel que défini par la Convention de 1948
Aucune source fournie ne mentionne une position officielle de l’Office for the Prevention of Genocide déclarant l’absence de génocide à Gaza. Par conséquent, la réponse est que le bureau n’a pas émis de telle déclaration, et les informations disponibles indiquent le contraire.
2) L’International Crisis Group dit-il qu’il n’y a pas de génocide à gaza ?
Le contexte fourni ne contient aucune déclaration de l’International Crisis Group affirmant qu’il n’y a pas de génocide à Gaza.
Les deux extraits mentionnent simplement que l’ICG a rapporté sur l’accusation de génocide portée par l’Afrique du Sud contre Israël à Gaza et sur les mesures provisoires de la Cour internationale de Justice, mais ils ne présentent pas de position de l’ICG sur l’existence ou non du génocide.
3) La Fondation de la Shoah (Yad Vashem) dit-elle qu’il n’y a pas de génocide à gaza ?
La Fondation de la Shoah (Yad Vashem) n’a pas publié de déclaration officielle affirmant qu’il n’y a pas de génocide à Gaza. Aucun des documents fournis (philomag.com palestine-studies.org) ne mentionne la position de la Fondation sur ce sujet. Par conséquent, il n’est pas possible de confirmer ou d’infirmer une telle affirmation à partir des sources disponibles.
Par contre, j’ai trouvé tout de suite que les sources de Guénolé étaient très fiables.
L’IAGS dit-elle qu’il y a un génocide à gaza ?
L’Association internationale des spécialistes du génocide (IAGS) a adopté, le 1er septembre 2024, une résolution déclarant que les actions d’Israël à Gaza répondent à la définition juridique du génocide telle qu’énoncée dans la Convention des Nations unies de 1948 3
La résolution a reçu l’appui de 86 % des 500 membres de l’IAGS.
« Israël commet un génocide à Gaza, affirme une commission d’enquête de l’ONU », 16 septembre 2025 Droits de l’homme4.
Les conclusions de la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur le territoire palestinien occupé sont sans appel : Israël a commis un génocide à l’égard des Palestiniens dans le cadre de la guerre menée à Gaza en riposte aux attaques sanglantes du Hamas le 7 octobre 2023. Israël a dénoncé une enquête « biaisée et mensongère ».
En prime on y apprend qu’« Israël a refusé d’accorder l’accès à la commission, malgré des appels de la commission et du Conseil de paix de l’ONU ».
Outre ces mensonges éhontés, l’interlocuteur de Guénolé est d’une bêtise stratosphérique concernant le génocide à Gaza. A ce niveau ce ne peut-être que de la malhonnêteté. Sa réponse à sa question « Quelles sont les seules organisations compétentes pour qualifier un génocide juridiquement ? » :. « CIJ CPI ne concluent pas à un génocide » est tout simplement FAUSSE, parce qu’il n’y a pas ENCORE de CONCLUSION. Mais de très fortes SUSPICIONS exprimées par exemple par António Guterres dans la traditionnelle conférence de presse de pré-rentrée du Secrétaire général de l’ONU : « Génocide à Gaza ? Le chef de l’ONU s’en remet aux juges, mais dénonce l’intolérable » 16 septembre 2025 À l’ONU5.
« À quelques jours du grand rendez-vous diplomatique de septembre, la traditionnelle conférence de presse de pré-rentrée du Secrétaire général de l’ONU a été dominée lundi par une question pressante : faut-il qualifier les opérations israéliennes à Gaza de génocide ? António Guterres s’en remet aux juges de La Haye, tout en condamnant une réalité « absolument intolérable ». […]
Interrogé sur les conclusions de cette enquête indépendante, M. Guterres a jugé qu’il n’était « pas dans les attributions du Secrétaire général de déterminer légalement le génocide ». Cela relève plutôt, a-t-il ajouté, des compétences de la Cour internationale de Justice, la plus haute juridiction onusienne basée à La Haye, qui est saisie depuis 2023 d’une plainte pour génocide portée par l’Afrique du Sud.
Le Secrétaire général s’est toutefois empressé de condamner, comme il le fait de manière quasiment quotidienne depuis deux ans, « l’horreur » de la guerre menée par Israël, qui a lancé lundi une offensive terrestre de grande ampleur dans la ville de Gaza. « Nous assistons à des meurtres massifs de civils sans équivalent avec aucun conflit depuis que je suis Secrétaire général », a-t-il déploré.
Ce qu’il s’est gardé de nommer, M. Guterres l’a donc décrit par le menu : la destruction massive de quartiers, la famine organisée, les hôpitaux hors d’usage, l’exode forcé. « Indépendamment des noms donnés, la vérité est que c’est moralement, politiquement et légalement intolérable », a-t-il martelé ».
Qu’il n’y ait pas ENCORE de CONCLUSION est expliqué au point 3 dans l’article : « Gaza et la question du génocide : Questions et réponses sur le droit et les développements récents », 22 décembre 2024 | Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (CEDCH) | Traduction CG pour l’AURDIP6.
Si la CIJ n’a pas ENCORE conclut elle a pris trois ensembles d’ordonnances dans le cas Afrique du Sud vs Israël :
« Même si la CIJ n’a pas rendu public son jugement final, ce qui prendra probablement plusieurs années, elle a déjà adopté trois ensembles d’ordonnances contenant des mesures provisoires. Ces ordonnances donnent des instructions urgentes aux parties concernées pour garantir qu’elles ne causeront pas de dommages supplémentaires aux droits que l’affaire essaie de protéger.
Dans la première ordonnance, adoptée le 26 janvier 2024, la CIJ a considéré de manière préliminaire que la situation à Gaza était urgente, étant donné qu’il y avait un « risque réel et imminent » que les actes et les manquements d’Israël puissent violer de manière plausible les droits des Palestiniens selon la Convention de génocide. La CIJ a ordonné à Israël de prendre toutes les mesures en son pouvoir pour empêcher que ces actes interdits soient commis et pour garantir que son armée ne les commette pas non plus. Étant donné les déclarations de plusieurs dirigeants et responsables de haut rang israéliens qui, a argué l’Afrique du Sud, étaient des incitations à commettre un génocide, la CIJ a aussi ordonné à Israël d’empêcher et de punir l’incitation au génocide et de faciliter la fourniture d’une aide humanitaire aux Palestiniens de Gaza.
La deuxième ordonnance, adoptée le 28 mars 2024, a réaffirmé le contenu de la première ordonnance et a fait plusieurs demandes additionnelles à Israël. La CIJ a ordonné à Israël de « garantir, sans délai », ni obstacle la fourniture de l’aide humanitaire aux Palestiniens de Gaza, en particulier en ouvrant plus de points d’entrée terrestres. Elle a aussi ordonné à Israël de garantir que son armée ne viole pas les droits des Palestiniens de Gaza selon la Convention de génocide.
Dans sa troisième ordonnance, le 24 mai 2024, la CIJ a conclu que la situation des Palestiniens s’était aggravée énormément, la qualifiant de « désastreuse ». La CIJ a réaffirmé es précédentes ordonnances et a demandé de plus qu’Israël arrête immédiatement son offensive militaire et toutes les autres actions qui pouvaient s’apparenter à un génocide contre les Palestiniens de Gaza ; qu’il garde ouvert le point de passage de Rafah pour la livraison de l’aide humanitaire ; et qu’il garantisse que les enquêteurs, les organismes d’investigation et les commissions d’enquête des Nations Unies puissent entrer dans la Bande de Gaza.
Israël n’a pas respecté ces injonctions, ce qui conduit à des appels récurrents à ce qu’Israël exécute immédiatement toutes les ordonnances de mesures provisoires de la CIJ ».
Je me permets de citer en entier ici le point 6. : Quels sont les arguments juridiques qui soutiennent la conclusion qu’Israël commet un génocide à Gazal ? du même article :
« Un grand nombre de rapports (par exemple, ici7, ici8 et ici9) de commentaires et de jugements soutiennent la conclusion qu’Israël commet un génocide à Gaza. Par exemple, beaucoup d’experts, de Comités10 et de Rapporteurs spéciaux11 des Nations Unies ont alerté sur le risque qu’Israël commette un génocide, avec une urgence croissante au cours de l’an passé. Des chefs d’État, des fonctionnaires et des représentants de nombreux pays ont publiquement mentionné un génocide à Gaza, ou le risque qu’un génocide soit commis. De plus, des rapports ont été publiés par des personnes individuelles et par des organisations, internationales, palestiniennes et israéliennes, qui indiquaient qu’Israël commet un génocide à Gaza ou au moins risque de le faire.
La CIJ a déjà déterminé que les Palestiniens sont un groupe protégé selon la Convention de génocide et que les Palestiniens de Gaza forment une part substantielle de ce groupe. Cela correspond au premier élément formant le crime de génocide, ainsi qu’il est expliqué dans la question 4.
Il y a aussi des preuves indiquant que des actes génocidaires interdits ont été commis à Gaza, et continuent à l’être. Voici quelques éléments de preuve clés résumés ci-dessous :
a. Assassiner des membres du groupe : Selon le dernier décompte, plus de 44249 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre 2023. La majorité de ces victimes étaient des civils, dont au moins 7216 femmes, 13319 enfants et 3447 personnes âgées. De plus, on estime que plus de 10000 personnes sont portées disparues ou sont sous les décombres à Gaza12.
b. Provoquer des dommages corporels ou mentaux aux membres du groupe : Selon le dernier décompte, plus de 104746 Palestiniens ont été blessés depuis le 7 octobre 2023, en plus de ceux qui ont été tués. Les Palestiniens ont aussi souffert d’intenses dommages psychologiques en conséquence des attaques israéliennes dont ils ont été témoins et de leur coût dévastateur sur la vie, les membres et l’infrastructure. Vivre dans une peur et une incertitude constantes, y compris sur la possibilité de trouver des produits de base nécessaires, a aussi causé une détresse psychologique. On estime que 90% des enfants de Gaza ont besoin d’aide pour leur santé mentale et leurs besoins psychosociaux.
c. Infliger délibérément au groupe des conditions de vie calculées pour amener sa destruction physique, en totalité ou en partie : Israël a évacué par la force et déplacé environ 90% des Palestiniens de Gaza, et simultanément il n’a pas fourni d’abri adéquat, de vêtements, de produits d’hygiène et d’équipement sanitaire, et a même délibérément restreint leur approvisionnement. Cela a provoqué une famine étendue, la déshydratation et la faim, dont l’effet a été augmenté par la destruction de l’infrastructure médicale et le manque d’accès à des médicaments à Gaza.
d. Imposer des mesures visant à empêcher les naissances à l’intérieur du groupe : Les frappes et les blocus d’Israël à Gaza ont eu pour conséquences une augmentation importante des fausses couches, des enfants morts-nés ou des naissances prématurées, ainsi que des décès qui auraient pu être évités à la fois chez les femmes et les bébés. Récemment, l’Organisation mondiale de la Santé estimait que 15% des femmes accouchant à Gaza subiraient probablement des complications.
Enfin, de nombreux organismes faisant autorité concluent des preuves disponibles que l’intention spéciale nécessaire (dolus specialis) est aussi établie. Une telle intention a été indiquée par l’utilisation répétée d’un langage déshumanisant dans les déclarations de responsables israéliens du gouvernement et de l’armée, qui peuvent être attribuées à l’État d’Israël selon les Articles sur la responsabilité des États pour les Actes internationalement illicites (ARSIWA). Par exemple, l’ancien ministre de la Défense israélien Yoav Gallant s’est référé aux Palestiniens comme à des « animaux humains » et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a appelé les forces armées israéliennes à « se souvenir de ce qu’Amalek vous a fait » — une référence à une histoire biblique sur la totale destruction du peuple d’Amalek par les Israélites. Ce langage déshumanisant démontre une peinture générale de tous les Palestiniens de Gaza comme des cibles légitimes à détruire, et un mépris flagrant d’Israël pour ses responsabilités en tant que puissance occupante. Il y a aussi des preuves que la rhétorique génocidaire s’est répandue dans une grande partie de la société israélienne et est utilisée par des soldats des Forces de défense israéliennes, par les médias israéliens et par les civils.
De plus, certains aspects des actions et des manquements d’Israël ont été désignés comme indiquant une intention génocidaire envers les Palestiniens de Gaza. Des experts ont souligné que les moyens et les méthodes de guerre d’Israël ont montré un mépris systématique pour les principes humanitaires de distinction, de proportionnalité et de précaution dans les attaques. Cela a eu pour conséquence un nombre disproportionné de victimes civiles, dont la majorité sont des femmes, des enfants et des personnes âgées. D’autres indicateurs d’intention génocidaire qui ont été mis en lumière sont le déplacement forcé et répété des Palestiniens de Gaza vers des zones désignées par Israël comme « zones sûres », qui ont ensuite été bombardées ; la privation intentionnelle des biens fondamentaux (dont la nourriture, l’eau, les soins, le carburant, les équipements sanitaires et les communications) et la destruction de l’infrastructure sociale (en particulier les maisons, les écoles, les mosquées, les églises et les hôpitaux) ».13
Pour en revenir au réel de 2mn04s qui a été partagé par des comptes siono-facho-anti-LFI, quelques heures après, j’ai trouvé sa source : « L’un défend la cause palestinienne, l’autre défend Israël. Ils débattent », Œil pour Œil, Le Crayon, 22 janvier 202614. Première remarque, pourquoi parler de, d’un côté « la cause palestinienne » et de l’autre « Israël » ? Comme si un État palestinien n’était ni légal ni légitime ?
On sait enfin qui est l’interlocuteur de Thomas Guénolé, Politologue, essayiste et intellectuel, qui vient défendre la cause palestinienne. Il est opposé à Simon Moos, Fondateur de InMediaPlus et défenseur d’Israël.
Dans ce document vidéo de 1h15mn08s, nous retrouvons notre Réel à 23mn18s, où il y a le début de la réponse à la question sur le génocide : y a-t-il un génocide perpétré après le 7 octobre ? Thomas Guénolé défend son point de vue en citant l’IAGS (23mn24s), puis la commission d’enquête indépendante de l’ONU sur la Palestine (23mn40s). Mais il N’EST PAS tout de suite pris à partie par son interlocuteur comme pouvait le laisser penser le Réel, en disant : « pourquoi vous citez l’IAGS et pourquoi vous citez la commission d’enquête de l’ONU ? » Non, à partir de 23mn56s, Guénolé dit qu’il va « parler du fond » : de la qualification pénale du génocide en droit international et des 5 critères de la « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide », y compris l’intentionnalité15 : « le génocide c’est pas une opinion, c’est une qualification pénale en droit international. Et donc, il y a 5 critères, qui sont cumulatifs mais il n’y a pas besoin d’avoir les 5, mais il se trouve que là les 5 sont remplis.
– Il faut des meurtres de masse. Là on y est parce qu’on a au moins 70 000 morts dont 83% de civils selon l’armée israélienne elle-même, je m’empresse de le préciser.
– Deuxièmement, il faut des dommages physiques graves sans tuer, là ce ne sont pas les morts mais les blessés. Là on est à plus de 170 000 blessés selon le Lancet.
– Il faut des conditions de vie entraînant la mort. Là ce sont les camions d’aide humanitaire totalement empêchés d’entrer de mars à mai 2025 à Gaza. Ce qui est donc une famine provoquée par l’État d’Israël selon le bureau des affaires humanitaires de l’ONU.
– Par ailleurs, il faut entraver les naissances. Et là, par définition, quand vous avez les capacités des maternités de Gaza qui sont détruites à 70%, c’est L’ONU, son Agence spécialisée pour la santé reproductive qui nous explique ça, vous avez comme conséquence d’entraver les naissances. D’ailleurs la natalité à Gaza s’est effondrée [25mn00s].
– Et puis vous avez les transferts forcés de populations […] Et donc 90% des palestiniens de Gaza ont été déplacés de force selon les nations unies.
[25mn17s] ce à quoi il faut rajouter un critère qui est important qui est la volonté d’exterminer. Et là je citerais Benjamin Netanyahou qui a évoqué en parlant des palestiniens, il l’a fait publiquement, ce qui m’étonne, mais il l’a fait, le peuple d’Amalec, en parlant des palestiniens. Dans la Bible hébraïque c’est un peuple que Dieu ordonne d’exterminer16 ». Et ce jusqu’à 25mn44s.
Réponse de Simon Ross à partir de 25mn45s : « La seule chose correcte que vous avez dite c’est la définition juridique du génocide » phrase enlevée du Réel, et nous voyons bien pourquoi. Et Ross continue : « Pourquoi vous citez l’IAGS ? Et pourquoi vous citez la commission d’enquête de l’ONU ? » (25mn57s). Donc presque 2 mn de la parole de Guénolé ont été coupées dans le Réel. Et des minutes fondamentales pour la compréhension de la discussion et de la réaction de Guénolé, puisque il y est question de… l’ONU et du FOND de l’affaire sur lequel il a ARGUMENTÉ.
Simon Ross va choisir de répondre sur la forme et non sur le fond. Il continue : « Si vous utilisez ces organisations pour prouver ce que vous dites, c’est que vous considérez qu’elles sont des autorités [26mn23s]. […] Quelles sont les seules organisations compétentes pour qualifier un génocide juridiquement ? ». Guénolé semble décontenancé et on a vu pourquoi puisqu’il avait cité la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Son interlocuteur répond à sa propre question en faisant des leçons en détachant bien chaque mot : « [27mn50s] les deux seules organisations juridiques compétentes pour qualifier un génocide s’appellent la cour internationale de justice et la cours pénale internationale. [28mn21s]. Ces deux organisations ne concluent pas à un génocide [28mn25s]. Vous parlez de l’AIJS, vous avez raison, mais le problème d’un argument d’autorité [28mn34s], c’est que pour qu’il fonctionne, je ne dois pas pouvoir vous opposer d’autres autorités, sinon votre argument d’autorité s’effondre.
TG : « Non il ne s’effondre pas automatiquement ».
SR : « Or, il s’avère que voici les institutions les groupes d’experts et les ONG, et les départements académiques, qui ne qualifient pas ce qui se passe à Gaza de génocide : Le bureau de l’ONU pour la prévention du génocide, L’International Crisis Group, La Fondation de la Shoah » [28mn58s]. Organisations dont on a vu plus haut qu’elles ne qualifient pas ce qu’il se passe à Gaza de génocide et auxquelles sont ajoutées deux autres dans le document d’origine : le Genocide Studies Program de l’Université de Yale17 et l’International Network of Genocide Scholars18
Thomas Guénolé ayant un petit rire nerveux, Simon Ross lui dit à 29mn00s : « ça vous fait rire la Shoah ? » TG : « Non c’est pas que ça me fait rire. Ce qui me fait rire c’est la méthode argumentative. Il faut l’unanimité en fait ? C’est ça qui me fait rire ».
Et, devant un Thomas Guénolé qui ne semble pas aussi déstabilisé que dans le Réel, notre sophiste sioniste finit : « Non ce qui est drôle c’est que vous citez…[29mn09s] Alors pourquoi les avez vous citées elles et pas celles-ci ? ». Fin du Réel mais pas fin du débat.
TG répond : « Parce qu’elles se sont prononcées sur le sujet ».
SR : « Comme… comme la Cour internationale de justice »
TG qui contre-attaque : « dans la liste que vous avez citée, lesquelles ont déclaré précisément : ce n’est pas un génocide ? » [29mn19s]
29mn30 : Simon Moos semble tenter de noyer le poisson en reparlant de la CIJ. Et rajoute : « si vous les avez citées c’est parce qu’elles arrangent votre propos ».
TG : « non c’est parce qu’elles répondent à la question ».
Et, 29mn50 : Thomas Guénolé repose une deuxième fois sa question : « dans la liste que vous avez citée, quelles sont celles qui disent : non, ce n’est pas un génocide ? »
29mn59 : Et là… gros MENSONGE de Simon Moos : « par exemple la Fondation de la Shoah University south California a dit que ce n’était pas un génocide »19.
Et 30mn08s : deuxième MENSONGE de Simon Moos : « Yad Vashem a dit que ce n’était pas un génocide20 ». Sourire de Thomas Guénolé.
SR : « ça vous fait rire là aussi ? Chaque fois que je parle de la Shoah, ça vous fait rire on dirait ».
TG : « non non mais ça c’est un sous-entendu qui va poser problème ».
SR : « alors arrêtez de rigoler à chaque fois que je mentionne la Shoah. J’ai pas envie de rentrer dans un sous-entendu… »
TG : « tut tut tut tut. Vous êtes en train de faire un sous-entendu qui est dégueulasse. Si vous le refaites je me casse. Est-ce que c’est clair ? [30mn21s ] »
30mn10 : Simon Roos, s’apercevant qu’il va se retrouver pris la main dans le sac a donc créé un second incident Shoah. Et après, ils ne parleront plus de la véracité des références de Simon Moos. Ce dernier reviendra sur le fond, dira-t-il, mais en utilisant le procédé rhétorique manipulatoire de la diversion, et avec des propos particulièrement décousus. A partir de 31mn43, il va poser de nouvelles questions : « est-ce que la France a commis un génocide à Raqa et à Mossoul ? » « est-ce que les USA ont commis un génocide au Japon ? » Thomas Guénolé, avec raison, refuse de répondre. D’autant plus que ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de génocide à Raqa et à Mossoul ou au Japon, qu’il n’y en a pas un à Gaza.
A 36mn18s, Thomas Guénolé apporte un nouvel argument, concernant le positionnement de la CPI, répondant par là à l’affirmation de Simon Roos : Ces deux organisations [CIJ, CPI] ne concluent pas à un génocide [28mn25s], confirmant une nouvelle fois que le Réel était tronqué d’une façon malveillante. « Donc, j’ai cité l’IGAS, le vote des universitaires experts du sujet, j’ai cité les conclusions de la commission d’enquête indépendante de l’ONU, j’ai cité les différents éléments qui cochent les cases des cinq critères sur le fond de la définition du génocide, on pourrait rajouter, non pas la CPI de 2007, mais la CPI de 2024, ayant dit précédemment qu’Israël devait prendre un certain nombre de mesures pour ne pas qu’un génocide soit perpétré – elle a parlé de risque génocidaire –21, et dans la décision suivante, toute récente, elle constate que les mesures en question n’ont pas été prises22.[36mn57s] Donc je vous concède qu’on en est pas au stade où la cours pénale internationale dit : il y a génocide point. Ce que dit la cours pénale internationale, c’est le cran juste en dessous, c’est de dire : il y a un risque génocidaire dans ce que fait Israël, Israël doit prendre les mesures A. B. C. pour qu’il n’y ait pas de génocide. Et un an plus tard, elle vous dit : les mesures en question n’ont pas été prises [37mn13s]. Ce qui d’ailleurs peut être utilisé pour considérer que il y a bien une intention génocidaire puisque quand la cour pénale internationale vous dit, à l’État d’Israël, fais A. B. C., sinon tu commets un génocide, et qu’un an plus tard la cour pénale internationale constate qu’aucunes de ces mesures n’ont été prises, dans ce cas là c’est qu’Israël a bien l’intention de commettre un génocide [37mn34s]. […]
[38mn09s] Ensuite, ça s’inscrit dans un cadre malheureusement plus large qui est celui de l’apartheid, de l’occupation et de la colonisation. L’apartheid aussi constitue un crime contre l’humanité c’est dans le statut de Rome de la cour pénale internationale que vous évoquiez ».
Revenons maintenant sur la question de l’argument d’autorité qu’aurait utilisé Thomas Guénolé. A 28mn25s, Simon Roos lui dit : « Vous parlez de AIJS, vous avez raison, mais le problème d’un argument d’autorité [28mn34s], c’est que pour qu’il fonctionne, je ne dois pas pouvoir vous opposer d’autres autorités, sinon votre argument d’autorité s’effondre ».
Or, non seulement Simon Roos est incapable d’opposer des « autorités » valides à Thomas Guénolé, mais il se trompe, ou fait semblant de se tromper, sur la nature de l’argument d’autorité. « Un argument d’autorité signifie : soutenir qu’une affirmation est juste, bonne ou vraie en se fondant UNIQUEMENT sur le fait qu’une autorité a affirmé qu’elle était vraie. L’argument d’autorité se fonde sur le statut d’une personne, et pas sur des PREUVES qui viennent à son appui »23 [souligné par nous].
David Guénolé, bien que commençant sa démonstration par ces références sur l’IAGS et la commission d’enquête de l’ONU sur la Palestine, ne se fonde pas UNIQUEMENT sur le fait que ces autorités ont affirmé quelque chose de vrai, mais développe ensuite une argumentation. A partir de 23mn56s, Guénolé, rappelons-le, dit qu’il va « parler du fond » : de la qualification pénale du génocide en droit international et des 5 critères de la « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide »24 y compris de l’intentionnalité.
À la limite, l’IAGS et la commission d’enquête de l’ONU sur la Palestine pourraient être de simples ILLUSTRATIONS d’un argument par la citation de travaux de spécialistes de la question, ce qui ne doit pas être confondu avec un argument d’autorité. Bien plus, il est nécessaire sur les réseaux sociaux de sourcer précisément ce qu’on avance et de recouper les sources. Non pas, comme voudrait le faire croire Simon Ross, pour opposer formellement autorité contre autorité, mais pour faire une analyse rationnelle des sources, des arguments et des démonstrations.
Et il se trouve qu’en l’espèce, avec les sources pour le moins fallacieuses de Simon Ross, ses tentatives d’obstruction systématiques et son parti-pris de ne pas se focaliser sur les faits, le débat ne pouvait qu’en rester à la forme. Pourtant, la question du supposé argument d’autorité s’est reposée un peu plus tard dans cette controverse à propos de l’apartheid.
À 48mn08s du débat, Simon Ross explique : « Le problème de l’accusation de l’apartheid, à la rigueur que l’on mente sur Israël, ça on est habitué, mais c’est aussi une profanation mémorielle à l’égard de l’apartheid. Parce que dans l’Afrique du sud, il n’y avait pas de juge noir à la cour suprême et encore moins de président blanc qui était envoyé en prison par la cours suprême […] [48mn42s] Moi ce que je vous dis, c’est une insulte aux noirs Sud-Africains qui ont vécu…, c’est comme l’accusation de génocide, à la rigueur vous accusez Israël… »
TG : « Dans ce cas-là comment vous expliquez que Nelson Mandela soit d’accord avec moi ? »
SR : « Ça, c’est un argument d’autorité. »
TG : « Non mais sur les droits des palestiniens c’est une insulte aux noirs qui ont subi l’apartheid en Afrique du Sud, Nelson Mandela c’est engagé pour les droits des palestiniens ».
SR : « Et donc si Nelson Mandela a dit quelque chose, c’est vrai ».
TG : « En matière de cohérence par rapport à l’apartheid en Afrique du Sud ? Sur ce sujet il a une certaine autorité ».
SR : « Donc c’est un argument d’autorité ».
TG : « Non non une certaine autorité ».
SR : « Donc c’est un argument d’autorité. Attendez on va pas faire… Y’a. Y’a… Parce que… Il faut… Il faut comprendre… »
TG : « Si vous m’expliquez que Nelson Mandela n’est ni compétent ni légitime quand on parle d’apartheid en Afrique du Sud, je veux bien mais vous allez être un peu tout seul sur ce point de vue ».
SR : « Je ne serais pas tout seul, la cour internationale de justice dit qu’il n’y a pas d’apartheid en Israël. La cour pénale internationale… »
TG : « Non vous transformez « ne pas se prononcer » en « dire non ». Ça fait deux fois que vous me faites le coup. C’est pas correct ».
SR : « Attendez ne me dîtes pas que c’est pas correct parce que… »
TG : « Mais si c’est pas correct parce que vous venez de dire… »
SR : « Ils ne disent jamais il n’y a pas. Ils disent il y a ou il y a un risque de… »
TG : « mais vous venez de le dire. Elle qu’il n’y a pas. Vous venez de le dire à l’instant ».
SR : « OK vous avez raison… »
TG : « Vous n’êtes pas rigoureux. »
SR : « Quand on demande à la cour internationale de justice et à la cour pénale internationale… il y a des ONG, pas Amnesty international, mais d’autres ONG humanitaires, par exemple il y a des groupes d’études d’Afrique du Sud par exemple dans les départements les plus prestigieux, [50mn02] j’ai perdu ma fiche donc je n’ai plus le nom exact, qui disent qu’il n’y a pas d’apartheid en Israël et c’est une insulte à l’égard des sud africains noirs qui ont vécu l’apartheid ».
Encore une fois, comme pour les autres sources apportées par Simon Roos, j’ai posé la question à ChatIA, l’IA de qwant.com : Y a-t-il des organisations en Afrique du Sud qui disent qu’il n’y a pas d’apartheid en Israël et que c’est une insulte à l’égard des sud africains noirs qui ont vécu l’apartheid ?
REPONSE : Il n’y a aucune information dans le contexte fourni qui indique que des organisations sud africaines affirment qu’il n’y a pas d’apartheid en Israël et que cela constitue une insulte envers les noirs sud africains ayant vécu l’apartheid. Au contraire, le texte décrit que l’Afrique du Sud accuse Israël d’un régime de ségrégation et poursuit Israël devant la Cour pénale internationale pour génocide. Aucun organisme sud africain n’est cité comme exprimant l’opposition à cette accusation. Et encore une fois la source de Simon Ross c’est révélée fallacieuse.
Concernant alors l’argument d’autorité, l’approche de Simon Ross n’est-elle pas biaisée ? L’article « Argument d’autorité ou Appel à l’erreur d’autorité » explique : « L’argument d’autorité est l’invocation d’une autorité lors d’une argumentation. On accorde davantage de valeur à l’origine du propos qu’au propos en lui-même.
Un argument d’autorité fait référence à l’utilisation de l’opinion d’un expert pour étayer un argument. Au lieu de justifier ses affirmations, une personne cite une figure importante qui n’est pas qualifiée pour formuler des affirmations fiables sur le sujet traité. Parce que les gens ont tendance à croire les experts, faire appel à l’autorité confère souvent de la crédibilité à un argument.
Ce type de raisonnement n’est fallacieux que lorsque la personne en question n’a aucune autorité légitime dans le domaine de connaissance en question. Par exemple, citer Einstein dans un débat sur l’éducation est fallacieux, alors qu’il est parfaitement légitime de le citer dans un débat sur la physique.
Faire appel à l’autorité n’est pas toujours une erreur. Citer l’opinion éclairée d’un expert est légitime dans une argumentation lorsque certains critères sont remplis :
– L’autorité est un expert dans le domaine spécifique en discussion. Citer son cousin étudiant en droit dans une discussion sur une question juridique est donc fallacieux. Toutefois, citer son avocat, compétent pour vous conseiller, est légitime.
– La déclaration de l’autorité relève de son domaine de compétence. Si quelqu’un est expert dans un domaine, cela ne signifie pas automatiquement qu’il est expert dans tous les domaines. Un médecin, par exemple, est qualifié pour parler des maladies, mais pas de la bourse.
– Il existe un accord parmi les experts sur le sujet en discussion. Bien que les différends entre experts fassent partie intégrante de l’avancement des connaissances, il existe certains domaines où il existe un nombre important de différends légitimes. Par exemple, pour chaque économiste qualifié défendant une certaine position ou théorie, il y en a un autre qui défend une position totalement différente »25 [Souligné par nous].
Et donc, quoiqu’en pense Simon Ross, citer Nelson Mandela concernant la question de l’apartheid est LÉGITIME. Y compris sur la question du génocide en Israël. Voir par exemple : « Mandela était un grand défenseur de la cause palestinienne », Julien Salingue, 6 décembre, 2013, 9 h 4926
« Nelson Mandela a exprimé son soutien à la cause palestinienne lors de son discours à Gaza en 1999, soulignant les similitudes avec la lutte anti-apartheid. […]
Devant le Conseil Législatif Palestinien, il reprend ce dernier point : « Je leur ai dit qu’il ne sert à rien qu’Israël parle de paix tant qu’ils continueront à contrôler les territoires arabes qu’ils ont conquis durant la guerre de 1967 ». Et de poursuivre en développant sa vision stratégique, expliquant notamment que la voie négociée et la paix doivent être la priorité, et qu’elles sont toujours préférables à au conflit. Mais, ajoute-t-il alors, « il faut choisir la paix plutôt que la confrontation, sauf dans les cas où nous ne pouvons rien obtenir, ou nous ne pouvons pas continuer, ou nous ne pouvons pas aller de l’avant. Si la seule solution est la violence, alors nous utiliserons la violence ». […]
La lutte contre l’apartheid, c’était ça aussi. Nelson Mandela, c’est ça aussi.
Il ne s’agit pas ici de transformer Mandela en héraut du combat pour les droits nationaux des Palestiniens, même s’il n’a jamais fait mystère de son soutien à la lutte contre l’occupation israélienne. Mandela a toujours été, sur ce terrain, beaucoup plus en retrait que l’archevêque Desmond Tutu, qui depuis de longues années soutient la campagne internationale de boycott de l’État d’Israël, qu’il qualifie, à l’instar d’autres dirigeants sud-africains, d’État d’apartheid. ».
Il aurait bien sûr été plus judicieux de citer Desmond Tutu, ce dernier ayant été plus loin que Mandela dans la comparaison de l’apartheid israélien avec l’apartheid sud-africain, et surtout dans sa condamnation radicale de l’apartheid israélien.
Signalons d’abord son côté visionnaire. Dans un article publié dans The Guardian, le 29 avril 2002, soit il y a presque 24 ans, « L’apartheid en Terre sainte »27, il écrit :
« Israël a trois options : revenir à l’impasse précédente ; exterminer tous les Palestiniens ; ou – je l’espère – œuvrer pour une paix fondée sur la justice, sur le retrait de tous les territoires occupés et sur l’établissement d’un État palestinien viable sur ces territoires, aux côtés d’Israël, les deux ayant des frontières sûres ».
Concernant la nature de l’apartheid israélien, c’est expliqué par Nasim Ahme dans son article du 7 octobre 2024 : « Desmond Tutu : « L’apartheid israélien est pire que l’apartheid sud-africain » »28 :
« L’archevêque Desmond Tutu (7 octobre 1931 – 26 décembre 2021) fut une figure emblématique de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Il joua un rôle déterminant dans ce mouvement et présida la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) sud-africaine. Dans cet entretien de 2012 avec Sir David Frost, il explique que l’occupation israélienne de la Cisjordanie est, « à bien des égards, pire que l’apartheid en Afrique du Sud ».
« Pour Tutu, la domination d’Israël sur la Palestine n’est rien d’autre qu’une autre forme d’apartheid. Tutu a fait preuve d’une clairvoyance rare, absente chez la plupart des personnalités publiques. Dès 2002, dans un article du Guardian intitulé « L’apartheid en Terre sainte », il qualifiait Israël d’État d’apartheid, une position adoptée à une époque où de telles comparaisons étaient encore relativement rares. L’ancien président américain Jimmy Carter fut la seule autre personnalité internationale à qualifier Israël d’apartheid, dans un ouvrage de 2006 intitulé « Palestine : La paix, pas l’apartheid ». Nombreux sont ceux qui ont suivi son exemple depuis, et ces dernières années, un consensus unanime s’est dégagé au sein de la communauté internationale des droits de l’homme concernant la pratique de l’apartheid en Israël ».
De même citer l’IAGS et la commission d’enquête de l’ONU sur la Palestine à propos du génocide est totalement LÉGITIME. Surtout lorsque ça s’inscrit dans une démonstration argumentative.
Ce qu’il faut retenir de ce débat, c’est, contrairement à ce qui est suggéré dans le Réel, l’impossibilité pour Simon Roos de réfuter les arguments de Thomas Guénolé et d’apporter et de défendre ses propres arguments. Par exemple, nous l’avons déjà cité : À 38mn08s du débat, Simon Ross explique : « Le problème de l’accusation de l’apartheid, à la rigueur que l’on mente sur Israël, ça on est habitué, mais c’est aussi une profanation mémorielle à l’égard de l’apartheid. […] c’est comme l’accusation de génocide, à la rigueur vous accusez Israël… ». Argument battu en brèche par Thomas Guénolé : « dans ce cas-là comment vous expliquez que Nelson Mandela soit d’accord avec moi ? ». Ne restait à Simon Ross que la carte d’immunité : « ça c’est un argument d’autorité. » Dont on a vu l’inefficacité de la réfutation sur le fond de Simon Ross.
Il faut aussi retenir la propension de Simon Ross à entrer en conflit en se victimisant. D’abord en créant des incidents en faisant des sous-entendus grossiers, stratagème des plus déloyal. Premièrement, lorsqu’il liste les différentes organisations qui selon lui auraient dit qu’il n’y avait pas de génocide à Gaza : bureau de l’ONU pour la prévention du génocide, L’International Crisis Group, La Fondation de la Shoah », le Genocide Studies Program de l’Université de Yale et l’International Network of Genocide Scholars, Thomas Guénolé ayant un petit rire nerveux, Simon Ross lui dit à 29mn00s : « ça vous fait rire la Shoah ? » TG répondant : « Non c’est pas que ça me fait rire. Ce qui me fait rire c’est la méthode argumentative. Il faut l’unanimité en fait ? C’est ça qui me fait rire ».
Deuxièmement, à 30mn08s, lors de son deuxième MENSONGE : « Yad Vashem a dit que ce n’était pas un génocide29 ». Sourire de Thomas Guénolé.
SR : « ça vous fait rire là aussi ? Chaque fois que je parle de la Shoah, ça vous fait rire on dirait ».
Thomas Guénolé ne va pas laisser passer : « non non mais ça c’est un sous-entendu qui va poser problème ».
SR : « alors arrêtez de rigoler à chaque fois que je mentionne la Shoah. J’ai pas envie de rentrer dans un sous-entendu… »
TG : « tut tut tut tut. Vous êtes en train de faire un sous-entendu qui est dégueulasse. Si vous le refaites je me casse. Est-ce que c’est clair ? [30mn21s ] »
Mais il ne demandera pas les sources de Simon Ross qui, se trouvant en grande difficulté, pouvait s’en tirer plus facilement. Le pouvait-il d’ailleurs ? Car le propre de ce débat c’était de ne pas vérifier les sources ou du moins faire semblant d’en vérifier certaines. Quoiqu’il en soit la question de savoir si c’était intentionnel de la part de Simon Ross de proposer des sources fallacieuse est corroboré par ce fait qu’il utilise ce stratagème déloyal.
Ensuite, stratagème tout aussi déloyal, en attaquant personnellement son interlocuteur en antisémitisme. A 41mn37s, Thomas Guénolé affirmant : « Donc cet ensemble là… parce qu’on ne peut pas en toute rigueur se contenter de parler du génocide actuellement s’il y a un continuum, un schéma d’ensemble, qui est l’occupation, la colonisation, l’apartheid, le génocide. Donc on fait face à quelque chose d’à la fois protéiforme mais particulièrement dégueulasse, si je me place d’un point de vue moral brièvement ». Simon Ross répond à 41mn58s : « Alors très bien. Là c’est ce qu’on appelle le matra… Moi c’est ce que j’appelle le package sémantique anti-juif. C’est-à-dire, on accuse Israël de génocide… »
TG (fermement) : « Ah non non. Anti-juif non ».
SR : « Ça ne veut pas dire que vous l’êtes mais vous le reprenez mais ça ne veut pas dire que Thomas Guénolé est anti-juif ».
TG : « Il faut préciser les choses. »
SR : « Vous considérez que le gouvernement que je défends est un gouvernement raciste [42mn14s ]. Donc moi je ne le prends pas personnellement. Voyez, c’est votre analyse, moi je vous dis qu’accuser Israël de génocide, accuser Israël, l’Etat juif, d’apartheid, accuser Israël de colonisation en Judée, c’est de l’obsession anti-juive. Je vais m’expliquer. Vous venez d’avoir… votre propos… et je vais… »
TG : « Quoi ? Vous confondez les juifs avec Israël, c’est complètement dingue… »
SR : « Je vais terminer mon propos d’ailleurs je vais le développer » […]
TG : « Allez -y »
SR : « Si vous voulez « on peut prendre tout notre temps, il n’y a pas de problème. Déjà, ce qu’on constate, puisque vous avez parlé de plein de sujets en même temps, c’est la technique du matraquage. Je fais de la rhétorique aussi, mais c’est très bien. J’adore ce débat. Il n’y a pas de génocide dans la bande de Gaza par ce qu’il n’y a pas d’intention génocidaire [42mn54s] ».
TG : « On en a déjà parlé »
SR : « Donc après une fois qu’on a parlé de tout ça vous avez basculé du côté de l’apartheid, l’accusation d’apartheid ».
TG : « Colonisation, occupation… ».
SR : « Le package antisémite sémantique… ».
TG : « Up up up up… faites gaffe. Non faites gaffe. Antisémite, on le glisse comme ça. Il faut faire attention ».
SR : « A quoi ? »
TG : « Il y a des choses que je ne laisse pas passer. Vous ne qualifiez pas mon argumentaire d’antisémite. C’est inacceptable ».
SR : « Attendez mais on peut dire qu’une accusation est anti-juive. Si, on peut le dire ».
TG : « Mais ça va pas ? »
SR : « Et pourquoi ça va très bien. Attendez ».
TG : « Mais ça va pas ? C’est complètement dingue ».
SR : « Attendez… »
TG : « L’antisémitisme est un délit. Vous êtes en train de dire que je devrais être en prison. Vous êtes malade ».
SR : « Non ça c’est pour la gauche qui considère qu’on doit être en prison pour des idées ».
TG : « Non non c’est le droit ».
SR : « Moi je suis très libéral ».
TG : « C’est le droit qui dit ça. C’est pas… »
SR : « Je ne suis pas d’accord avec le droit. Donc je vous rassure, je veux pas que vous soyez en prison. Et j’ai même dit publiquement que je ne souhaitais pas que des proto-djihadistes comme Rima Hassan soient en prison ».
TG : « Et puis on lâche pas des accusations d’antisémitisme comme ça. Non non je ne peux pas laisser passe ça, excusez-moi ». [43mn47s]
SR : « En effet, on ne le lâche pas comme ça on le démontre. Et je vais le démontrer ».
TG : « Pour que ce soit antisémite, il faut que ce soit un propos négatif sur les juifs, en tant que juifs, parce qu’ils sont juifs ».
SR : « Exactement ».
TG : « Quel est le rapport avec le fait de qualifier les politiques d’Israël ? »
SR : « Vous voulez vraiment savoir pourquoi je le dis parce que vraiment il y a aucun problème avec ça » [44mn02s].
[Vu l’ambiance tendue de la discussion, Interview hors débat de Simon Ross : [44mn22s] « moi je n’accuse jamais les gens d’antisémitisme de manière gratuite et je n’ai pas accusé d’ailleurs Thomas Guénolé d’être antisémite lui-même. On peut avoir des arguments qui sont coloniaux, qui sont communistes, qui sont capitalistes ou qui sont anti-juifs. Y a… C’est évidemment que c’est grave. Pour moi le communisme aussi est une position grave mais forcément avec le passé en France et avec la situation actuelle, je comprends que l’on puisse interpréter ça comme une attaque personnelle. Mais on peut aussi montrer aux gens que dire que l’État d’Israël n’a pas le droit d’exister en tant qu’État c’est une position antisémite sans dire que la personne en face de soi est intellectuellement ou émotionnellement malveillante à l’égard des juifs. Mais la position elle-même, en tant que telle intellectuelle, est une discrimination par définition anti-juive typiquement parce qu’on refuse aux juifs un droit que l’on accorde à tous les autres. Mais ça n’était pas évidemment une attaque personnelle [45mn12s]. Et je sais que Thomas Guénolé, je ne le pense pas en tout cas, car on ne peut jamais savoir tout à 100%, mais je ne pense pas qu’il haïsse les juifs ».]
TG : « C’est super grave ».
SR : « Oui c’est très grave. Je suis d’accord avec vous ».
TG : « Donc on va pas… voilà ».
SR : « Très grave parce que c’est une accusation… parce qu’Israël, ça vous a pas échappé, c’est le fruit de l’obsession d’à peu près tous les courants de gauche et d’à peu près toutes les manifestations soi-disant pour les droits de l’homme [45mn36s] ».
Simon Ross, par la suite, ne tiendra pas sa promesse de démontrer les « accusations d’antisémitisme » proférées à l’encontre de Thomas Guénolé. Il va continuer sur la question de l’apartheid, partie du débat que nous avons retranscrite plus haut. À 48mn08s, Simon Ross explique : « Le problème de l’accusation de l’apartheid, à la rigueur que l’on mente sur Israël, ça on est habitué, mais c’est aussi une profanation mémorielle à l’égard de l’apartheid. » Et le débat va continuer sur Nelson Mandela.
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1« Thomas Guénolé humilié par une question toute simple », Actu Cash, 22 janvier 2026 https://www.youtube.com/watch?v=P9_d_DIzzvc
2L’International Association of Genocide Scholars (IAGS) est une organisation internationale fondée en 1994 qui promeut la recherche et l’enseignement sur le génocide, avec plus de 500 membres en 2015 et environ 440 membres en septembre 2025. https://genocidescholars.org/
3« Israël commet officiellement «un génocide» à Gaza, selon une association regroupant 500 spécialistes du sujet », Par :RFI avec agences, Publié le : 01/09/2025 – 23:52Modifié le : 01/09/2025 – 23:53
L’Association internationale des chercheurs du génocide, le principal organe sur le sujet qui regroupe ses plus grands spécialistes, a adopté lundi 1er septembre une résolution affirmant que les actions d’Israël à Gaza ont rempli tous les critères juridiques permettant de déterminer un génocide. L’État hébreu a réagi en qualifiant de honteuse la déclaration de l’association, qui a pris comme critères ceux utilisés pour juger la Shoah.
https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250901-isra%C3%ABl-commet-officiellement-un-g%C3%A9nocide-%C3%A0-gaza-selon-une-association-regroupant-500-sp%C3%A9cialistes-du-sujet-shoah-palestine
5https://news.un.org/fr/story/2025/09/1157483
6https://aurdip.org/gaza-et-la-question-du-genocide-questions-et-reponses-sur-le-droit-et-les-developpements-recents/
7« Israël/Territoire palestinien occupé : « Vous vous sentez comme des sous-hommes » : Le génocide israélien contre les Palestiniens de Gaza », 5 décembre 2024 https://www.amnesty.org/en/documents/mde15/8668/2024/en/
8« Le Comité spécial des Nations Unies estime que les méthodes de guerre d’Israël à Gaza sont compatibles avec un génocide, y compris le recours à la famine comme arme de guerre », 14 novembre 2024, https://www.ohchr.org/en/press-releases/2024/11/un-special-committee-finds-israels-warfare-methods-gaza-consistent-genocide
9« Nouveau rapport. De-Gaza : une année de génocide israélien et d’effondrement de l’ordre mondial », 6 octobre 2024, https://euromedmonitor.org/en/article/6494/New-report..-De-Gaza:-A-Year-of-Israel%E2%80%99s-Genocide-and-the-Collapse-of-World-Order
10« Le Comité spécial des Nations Unies estime que les méthodes de guerre d’Israël à Gaza sont compatibles avec un génocide, y compris le recours à la famine comme arme de guerre », 14 novembre 2024, www.ohchr.org/en/press-releases/2024/11/un-special-committee-finds-israels-warfare-methods-gaza-consistent-genocide
11« A/79/384 : Rapport de la Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Francesca Albanese – Le génocide comme effacement colonial », 1er octobre 2024 https://www.ohchr.org/en/documents/country-reports/a79384-report-special-rapporteur-situation-human-rights-palestinian
12Le décompte du Hamas est probablement très sous-estimé. Actualisons le décompte de Guillaume Ancel publié dans son Blog, Ne Pas Subir, le 20 juillet 2024 : « Gaza, le bilan « difficile mais essentiel » d’un carnage » https://nepassubir.fr/2024/07/20/gaza-le-bilan-difficile-mais-essentiel-dun-carnage/ :
« l’hypothèse basse … : 130 000 tués et 455 000 blessés soit 585 000 victimes dont plus de 293 000 femmes et enfants. Et, soit plus de 26% de la population de Gaza, soit près de 93 % de dommages collatéraux (Soit près de 15 civils pour un combattant). L’hypothèse haute : 260 000 tués 910 000 blessés soit 1 110 000 victimes, dont plus de 293 000 femmes et enfants. Soit près de 12% de la population de Gaza (2 200 000 habitants en 2023) de tuée et plus de 50% de victimes. Et, soit près de 97% de dommages collatéraux concernant les tués (Soit plus de 29 civils pour un combattant). »
« Chroniques sur la question palestinienne (5) Quand Netanyahou va-t-il arrêter de mentir ? » Le ratio combattant / civil à Gaza et le 7-octobre Dans un article du 29 septembre 2025 « Compter les morts » Gwenaël Breës explique : « À la tribune de l’ONU, Netanyahu a rejeté « la fausse accusation de génocide », s’appuyant pour ce faire sur les […] https://chazerans.fr/2025/10/chroniques-sur-la-question-palestinienne-5/
13https://aurdip.org/gaza-et-la-question-du-genocide-questions-et-reponses-sur-le-droit-et-les-developpements-recents/
15ADOPTED 09 décembre 1948 BY l’Assemblée générale dans sa résolution 260 A (III) https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-prevention-and-punishment-crime-genocide
16« Dieu ordonne au roi Saül, dans le premier livre de Samuel, d’exterminer tous les habitants d’Amalek, nation rivale de l’ancien Israël. « Voici ce que dit le Seigneur tout-puissant », déclare le prophète Samuel à Saül. « Je punirai les Amalécites pour ce qu’ils ont fait à Israël lorsqu’ils les ont attaqués à leur sortie d’Égypte. Maintenant, va, attaque les Amalécites et détruis tout ce qui leur appartient. Ne les épargne pas ; fais mourir hommes et femmes, enfants et nourrissons, bœufs et moutons, chameaux et ânes. » » « L’histoire dangereuse qui se cache derrière la rhétorique amalek de Netanyahu », 3 novembre 2023. Sa récente référence biblique est utilisée depuis longtemps par l’extrême droite israélienne pour justifier le meurtre de Palestiniens.
https://www.motherjones.com/politics/2023/11/benjamin-netanyahu-amalek-israel-palestine-gaza-saul-samuel-old-testament/
« Souviens-toi de ce que te fit Amalek pendant le voyage lors de votre sortie d’Égypte » (Deutéronome 25:17)
« Quand donc l’éternel ton Dieu, t’aura délivré de tous les ennemis qui t’entourent, et qu’il t’aura assuré la sécurité dans le pays qu’il te donne en héritage pour que tu en prennes possession, tu effaceras la mémoire d’Amalek, de dessous le ciel. Ne l’oublie pas » (Deutéronome 25: 19)
« Dans cette guerre, nos soldats sont tués. Mais l’État d’Israël a juré d’effacer la mémoire du Hamas. Souvenez-vous de ce qu’Amalek vous a fait au cours de votre voyage, lorsque vous avez quitté l’Égypte : c’est ce que nous apprend le livre de Devarim [Deutéronome]. Et puis, il y a le commandement divin au peuple d’Israël : Vous effacerez la mémoire d’Amalek de dessous les cieux. N’oubliez pas. C’est ce qu’il faut faire avec le Hamas, et je suis convaincu que c’est ce que fera l’État d’Israël. La comparaison entre le Hamas et Amalek flatte le Hamas. Amalek n’a pas commis les actes horribles perpétrés par les assassins du Hamas ». Ariel Porat, président de l’université de Tel-Aviv. Discours [https://www.youtube.com/watch?v=5NEDgl6LEQY#t=468 ] prononcé le 7 novembre 2023 dans les locaux de l’université
Norman Finkelstein voyait dès le 15 décembre 2023 une claire intention génocidaire derrière la rhétorique maniée par le premier ministre israélien. Il l’a nettement indiqué au cours d’un débat télévisé [https://www.realclearpolitics.com/video/2023/12/15/normal_finkelstein_vs_alan_dershowitz_when_netanyahu_calls_palestinians_amalek_he_is_calling_for_genocide.html ] dans lequel il s’opposait à Alan Dershowitz :
« Et puis il y a M. Netanyahu, le premier ministre. Non pas en une seule occasion, non pas sur un coup de tête, mais à deux reprises, dans des discours nationaux adressés à la nation, très sobrement, M. Netanyahou a dit : « Souvenez-vous de ce qu’Amalek vous a fait. C’est une guerre entre les fils de la lumière et les fils des ténèbres ». Or, comme le professeur Dershowitz le sait certainement, puisqu’il a fréquenté l’école hébraïque – j’ai grandi à quelques pâtés de maisons de chez lui –, il sait certainement qu’en pleine guerre, dans un pays qui a reçu une éducation biblique, lorsque vous dites que votre ennemi est Amalek, vous appelez à la destruction, au meurtre, de chaque homme, femme et enfant. Avec tout le respect que je dois à M. Dershowitz, cette question du bouclier humain est totalement hors sujet, car elle n’entre même pas en ligne de compte dans cette situation. L’ordre donné dès le départ de priver toute la population civile de nourriture, d’eau, d’électricité et de carburant, l’ordre donné dès le départ de transformer Gaza en un lieu incapable de maintenir la vie humaine, l’ordre donné dès le départ dans cette bataille entre les fils de la lumière et les fils des ténèbres – je le répète, je ne pense pas qu’il faille être grand clerc pour comprendre que, depuis le premier jour, Israël mène une guerre de génocide dans la bande de Gaza ».
« L’invocation d’Amalek en Israël : de la rhétorique religieuse extrémiste au projet totalitaire culminant dans le génocide de Gaza », AURDIP, Posted on juin 11, 2024. https://aurdip.org/linvocation-damalek-en-israel-de-la-rhetorique-religieuse-extremiste-au-projet-totalitaire-culminant-dans-le-genocide-de-gaza/
17Comme pour les autres sources apportées par Simon Roos, j’ai posé la question à un ChatIA, l’IA de qwant.com : le Genocide Studies Program de l’Université de Yale dit-il qu’il n’y a pas de génocide à gaza ?
REPONSE : « Aucune des sources consultées ne mentionne que ce programme ait publié une position officielle affirmant qu’il n’y a pas de génocide à Gaza. En l’absence de telles déclarations, il n’est pas possible de confirmer que le programme de Yale ait énoncé cette affirmation ».
18Comme pour les autres sources apportées par Simon Roos, j’ai posé la question à un ChatIA, l’IA de qwant.com : l’International Network of Genocide Scholars dit-il qu’il n’y a pas de génocide à gaza ?
La réponse est encore plus étonnante que pour les autres sources : « Non. L’International Association of Genocide Scholars (IAGS) a adopté une résolution déclarant que les actions d’Israël à Gaza répondent à la définition juridique du génocide, et que ces actions constituent également des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. »
19Comme pour les autres sources apportées par Simon Roos, j’ai posé la question à un ChatIA, l’IA de qwant.com : La Fondation de la Shoah University south California dit-elle qu’il n’y a pas de génocide à gaza ?
REPONSE : Aucune des sources fournies ne contient une déclaration officielle de la Shoah Foundation (ou de l’Université de Californie du Sud) affirmant qu’il n’y a pas de génocide à Gaza.
Le document cbc.ca indique que la Shoah Foundation a décidé d’inclure les témoignages liés à l’attaque du 7 octobre, mais il ne fait aucune mention d’une position sur le conflit israélo palestinien ou sur la situation à Gaza.
Les autres extraits (forsea.co ; bbc.com) traitent de critiques de la mémoire de l’Holocauste, de manifestations universitaires ou de déclarations d’universitaires, sans mentionner la Shoah Foundation ou une éventuelle déclaration sur le génocide à Gaza.
Conclusion
Il n’existe aucune preuve dans les sources consultées que la Shoah Foundation affirme qu’il n’y a pas de génocide à Gaza. La Fondation se concentre sur la collecte et la préservation de témoignages de victimes de génocides, sans émettre de déclarations politiques sur le conflit actuel.
20Nous avons vu plus haut que j’avais posé la question à ChatIA, l’IA de qwant.com : La Fondation de la Shoah (Yad Vashem) dit-elle qu’il n’y a pas de génocide à gaza ?
La Fondation de la Shoah (Yad Vashem) n’a pas publié de déclaration officielle affirmant qu’il n’y a pas de génocide à Gaza. Aucun des documents fournis ne mentionne la position de la Fondation sur ce sujet. Par conséquent, il n’est pas possible de confirmer ou d’infirmer une telle affirmation à partir des sources disponibles.
21« Plainte pour « génocide » à Gaza : la justice internationale rend un 1er verdict », 25 janvier, 2024 https://unric.org/fr/gaza-la-justice-internationale-se-prononce-sur-la-plainte-pour-genocide/
22« Gaza : un an après les mesures ordonnées par la CIJ, 26 ONG dénoncent un an d’entraves des autorités israéliennes à la réponse humanitaire », 28.01.2025
Un nouveau rapport signé par 26 ONGs opérant à Gaza, dont Médecins du Monde, a révélé que les autorités israéliennes ont échoué en tous points à améliorer l’accès humanitaire au cours de l’année passée malgré l’avis rendu par la Cour internationale de Justice (CIJ) en janvier 2024. Cette décision de justice exigeait d’Israël la mise en œuvre de mesures conservatoires immédiates pour protéger les Palestiniens à Gaza d’actes de génocide et de préjudices irréparables à leurs droits. Alors qu’une pause dans les hostilités permet enfin une entrée de l’aide plus proportionnée et adaptée, les ONGs appellent à un cessez-le-feu permanent et demandent à ce que les responsables rendent des comptes pour éviter la répétition de cycles de négligence et d’impunité. https://www.medecinsdumonde.org/actualite/gaza-un-an-apres-les-mesures-conservatoires-ordonnees-par-la-cour-internationale-de-justice-26-ong-denoncent-un-an-dentraves-des-autorites-israeliennes-a-la-reponse-humanitaire/
23« Argument d’autorité : définition », Adrian, Docteur en sciences politiques, spécialisé en affaires publiques et diplômé de Sciences Po Paris, Publié le 25/02/2022. https://www.laculturegenerale.com/argument-autorite-definition-signification/
24ADOPTED 09 décembre 1948 BY l’Assemblée générale dans sa résolution 260 A (III) https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-prevention-and-punishment-crime-genocide
28https://www.middleeastmonitor.com/20241007-desmond-tutu-israeli-apartheid-worse-than-south-africa/
29Nous avons vu plus haut que j’avais posé la question à ChatIA, l’IA de qwant.com : La Fondation de la Shoah (Yad Vashem) dit-elle qu’il n’y a pas de génocide à gaza ?
La Fondation de la Shoah (Yad Vashem) n’a pas publié de déclaration officielle affirmant qu’il n’y a pas de génocide à Gaza. Aucun des documents fournis .
philomag.com palestine-studies.org) ne mentionne la position de la Fondation sur ce sujet. Par conséquent, il n’est pas possible de confirmer ou d’infirmer une telle affirmation à partir des sources disponibles.